mais
jeudi 27 décembre 2012
samedi 22 décembre 2012
samedi 15 décembre 2012
vendredi 23 novembre 2012
commencer et finir
« Mon travail, c’est d'vérifier que l’travail a été
fait par ceux qui doiv'le faire. T’imagines le travail !
Avec tous ceux qui s’imagin' que l'travail, y va s’faire
tout seul, et ceux qui travaillent à saper l’travail qu’on fait : j’ai du
pain sur la plaie. Pis l’pain ça s’gagne à la sueur d'son front. Et pour suer,
‘faut travailler, et vice versa.
Pace que, y’en a qui s’imaginent – et qui disent, comme toi -
qu'le travail est une souffrance : entre nous ça s'saurait. Personne n’aime
souffrir. Et si on va par là, alors on travail' pus. Pace que personne n’aime
souffrir. Mais moi, qu’est-ce que j’aurais à faire si ceux qui travail' y
travail' pus, vu que mon travail c’est d’vérifier que l'travail a été fait par ceux qui travaillent. Et
si y souffrent, y voudront pus par conséquent travailler, alors j’aurais pus
rien à surveiller, que des gens qui travail' pas.
Rien qu' du vide.
J’ai presqu'personne au d'ssus de moi. Juste un qui vérifie
que je fais bien mon travail qui est d'vérifier que l'travail a été fait par
ceux qui doivent le faire. Adam et Ève ? Y z’avaient Dieu. Qui n’avait
d’yeux que pour eux vus qui z’étaient qu’deux, eux. Mais maint'nant on est tell'ment
nombreux, t'imagines mêm'pas le travail : ‘faut s’multiplier à la tâche. Comme des pains. ‘faut parfois savoir se couper
en deux. Eux deux, comme patron, z’avaient qu'Dieu. Mon patron, ça peut pas
êtr’que Dieu. Y suffit pus d’être UN maint'nant qu’on est plus de deux. Et mon
patron, au d'ssus de moi, y’en a d’autres avant lui. Des sous-patrons, au d'sus d'moi. Pour vérifier qu'y font leur travaux d' patrons. Bah ouais. Et pis
les Dieux, maint’nant, patrons ou pas, z’ont aut’chose à faire. Y’a la compétitivité. Et
ouais.
Enfin, j'te dis, si ceux qui travail' décident que travailler leur convient pas, j’aurais pus d’travail : c’est mathématique.
Ça risque de m’démobiliser pas mal.
Après c'est vrai : y’a l’ambition aussi. Parce que si tu travail' bien,
bah, si tu tomb' malade par exemple, les soins, tu peux y avoir accès. ‘faut y
penser, ouais ! on n’est pas toujours valide dans la vie. Surtout si on a
travaillé dur.
Donc ce que j'te dis, c'est qu'les gens qui travail' doiv' penser un peu à ceux qui
doiv’ vérifier qu’y font l’travail qui z'ont à faire, pace que si y s'mettent en têt' de pus
travailler, alors, pus d'travail pour ceux qui travail' à vérifier que l'travail a été fait. T'as compris ça. C’est
très simple ; y f’raient mieux d’y r’garder à deux fois, pace que, quand on y r'gard' à deux fois, si c’est pas eux qui travail', alors de tout’façon, pour qu’on puiss' le vérifier l'travail qu'aura pas été fait par ceux qui travail'pus, vu qu'moi il est pas question que j'm'arête de travailler sous prétexte qu'eux, y z'ont pas peur du vide, ‘faudra bien qu’y en ait d’autres qui r’prennent
le travail. Et pour eux, si y veul' rev'nir au travail, ceux qu’ont quitté
leur travail, bah, y’aura pus de place. C'est mathématique ! Ce serait trop facile: on met en péril tout’système huilé depuis le premier jour qu'Dieu a fait, ou un aut' remarque bien, ça m'est égal, sous prétext' qu’on
veut pas souffrir et on veut se r'trouver au premier rang ? Moi, j'préfère te dire, si j'perdais mon travail à cause de com'toi qui
veulent pus travailler et que je pourrais pus vérifier qu'y travaill' correctement : je pourrais pas
l’souffrir. Oh lala dans ce cas-là, j'vois pas plus loin, j'préfère t'achever. »
jeudi 22 novembre 2012
mercredi 21 novembre 2012
Moi aussi j’aimerais être une prairie ! 21 Mars 85
Moi aussi j’aimerais être une prairie !
Avoir la candeur grecque de l’île aux chèvres bleues et
l’anneau de saturne autour de mon bassin. Plus qu’autour des gorges, autour des
fontaines, ça dialogue. Sur moi levées d’aube, passe d’armes, sur moi
tranchées, sur moi jachères ! Un ruisseau au mitan pour abreuver les bêtes
et ondoyer au vent et roussir en été !
16 mars 85
« Crois-tu
que les vignes tortueuses ont toujours poussé vin ? Crois-tu que les
arbres légers et durs s’accordent en violons ? Crois-tu encore que la
biche caressante s’étire déjà aux étales ? Crois-tu que le bourreau,
enfant, tranchait des têtes ? » Il posa les questions et s’enfuit,
les talons aux fesses, les sandalettes à la main.
17 janvier 85
Apprenez-le :
on m’a prise pour un masque et on m’a essayée !
on m’a
prise pour un masque ! Entendez-vous la fable ?
Prêtresse
d’Artémis, chinoise courtisane, ou basique d’argile
Je suis en
carnaval sur une face étrange et je ne bronche pas !
La fête de famille / 4 déc 85
Les
flammes se dandinent au caveau de famille
sous les
lambris dorés qui lèchent le crépis
les
compères s’engosillent
les
commères grondent filles
de plus
vieux s’acoquinent avec de plus spectrales
un
monsieur ennuyé, comme désinvité, rumine dans un coin
le quart
de son poumon qui reste en sa carcasse enfle mais c’est discret
c’est la
fête ce soir au caveau de famille
soudain,
le pique-disette s’approche de la colombe : c’est l’unique rejetonne
du pater
magistral
et le coup
d’œil fatal décoche le palpitant sec de la gamine
Le sévère
patriarche se lève – clignements d’os
« Sortez-le !
Sortez-le : il va perdre mon sang !
-
croit-il
le vieux machin que sa pauvre héritière morte de deux cents ans puisse se
perdre encore ?
« On
s’est trompé sans doute en le jetant dedans ! »
L’intrus
est dévissé : l’honneur sauf se rengorge.
Un
squelette de pucelle frotte ses côtes flottantes et essuie la poussière poussée
au creux de l'œil tandis qu’on trinque et valse et parlote bon vieux temps.
mardi 20 novembre 2012
L'interview de Mario B
« C’est à moi que vous
demandez ? Oui ! Si vous demandez, je réponds : oui !
j’aime les femmes blessées, sensibles à l’extrême, - les fragiles, dont la
furie ne s’exhale pas en cris mais en soupirs et en regards brûlés de bêtes
prises au collet. Les femmes blessées, c’est ça. Je les préfère aux solides.
Les solides, les complètes – les femmes qui n’ont pas besoin - non. Non,
je – Si on cherche une mère pour – oui, mais moi, non. Je n’ai jamais cherché
la mère de mes enfants. D’ailleurs, je n’ai pas d’enfants, non : c’est un
tout autre usage. Enfin, une autre vision.
Entendons-nous bien : je
n’aime pas blesser les femmes : d’autres s’en chargent très bien, ou les
choses de la vie, les aléas -
quoi ! J’aime les femmes blessées : j’aime faire acte de réparation.
Oh ce n’est pas non plus que je
souhaiterais qu’elles courent les rues et peuplent l’univers, les femmes
blessées. Je ris ! mais c’est un charme que j’ai toujours aimé retrouver
chez mes conquêtes, cette – faille ? Cette vulnérabilité qui les rend –
comment dire ? éphémères plus que les autres. Comme fugitives plutôt.
Insaisissables. Oui, j’aime posséder les femmes qui ont ce charme. Et ma
compagne, celle que vous admirez, derrière la vitre, il n’y a pas à chercher
bien loin : c’est l’une d’elles. Elle est toute pétrie de ce charme.
Et afin qu’il demeurât un charme,
une brutalité, si je peux dire, nature, exempt de coquetterie ou d’artifice, puisque je dirige l’entreprise –
oui, c’est moi le patron- je l’ai placée en première ligne. Dans la boutique.
Elle est au comptoir, là, à droite.
Oui, c’est elle. Les petites à côté
font les vendeuses, et c’est elle, pâmée, dolente, romanesque qui cause avec la
clientèle. Avec sa voix - Elle est là et qui se laisse regarder, et c’est
volontiers aussi qu’on l’écoute. Elle soulève l’empathie, c’est du velours.
Moi, ici, j’organise, je gère, je
compte et parfois même, c’est moi qui met la main à la pâte pour la décoration.
Rien à voir.
Et je sais qu’elle tire profit de
l’admiration que je lui permets qu’on lui voue, puisqu’elle demeure entièrement
souffrante ; depuis qu’elle est en
vitrine, elle s’améliore, elle se complait, elle épaissit. Elle a dépassé la
désolation et ses hordes de plaintes, non, elle souffre en silence, dans ses
chairs, comme il faut.
On aime, déjà depuis la rue, ce
corps ambigu qui s’expose sans en avoir l’air et s’étire et se ramasse sur soi
pour soudain bondir hors de sa gangue et frémir. Ces cris sourds, rentrés qu’on
perçoit, si on est attentif, au travers de tous les petits mots des petites choses du quotidien.
Comme elle alanguit ses voyelles, comme elle pourlèche ses doubles
consonnes !
J’ai l’esprit partageur :
j’ai l’esprit commerçant. Je la laisse faire ce qu’elle veut derrière la
vitrine et les clients peuvent en profiter – mais nous nous repassons les meilleurs moments, parfois, le soir, grâce
aux captations des caméras de vidéo-surveillance juste tous les deux. Et elle se trouve
épouvantable, évidemment, et s’en veut et se tord. Mais je suis là. Je suis là.
Elle attend de moi ces signes de dévotion, ces applaudissements muets dont
toutes les femmes, même les solides quoiqu’elles disent, sont éprises. Et ma
femme blessée, le clou de mon magasin, plus que les autres encore se montre sensible à mes attentions.
Oh non ! je ne tiens pas à
ce qu’elle guérisse – d’ailleurs, elle n’est pas malade : elle est
blessée. La consoler serait l’achever : non, ce qu’il faut c’est fêter ses
tourments. Les embellir, en quelque sorte. Nous avons trouvé notre équilibre et
prenons même, parfois, en fin de saison, si le chiffre d’affaires le permet, un
congé au soleil. Ça nous repose du commerce.
Je ne dis pas : oui, si je vivais
à Poznan, par exemple, les choses auraient suivi un tout autre cours peut-être. »
lundi 19 novembre 2012
La consolation des grands hommes
aux phryganes trichoptères qui grimpent, appâts
des rêves, le long de mon chevet ordinaire
À travers le velux je reluquais les reflets du couchant garni des
reliefs du festin céleste. Des lambeaux violacés zébraient irrégulièrement le
carré vitré.
Et ça rosissait quelque part.
Bientôt l’ombre gloutonne avalerait mon lit et tous alentour,
Pamuk, Coetzee, Montalban et les autres, couchés sans volupté, tous et leurs
tranches découvertes malgré eux comme des flancs offerts aux ténèbres
impudentes.
Aucun d’eux ne se lèverait courageusement pour actionner le
commutateur, tous plongés avec moi dans les entrailles du ciel de lit
éteint. Et privée de la lueur électrique et câline de l’ampoule nue, ambre
tiède amortissant les terreurs des vivants, sentinelle dénudée pendue par le
collet au plafond sans nuance, je ne lirais pas avant de dormir. Ni ne
dormirais pour autant. Mes doigts rompus à l’effeuillage du plus humble
gâte-papier se replieraient dans mes paumes, et à poings fermés, je veillerais
les heures longues qui séparent du jour naturel, vêtue d’une leste chemise de
borgnon.
Je ne dormirais pas. Aux aguets. Patiente. Autant que je puis
l'être dans mon lit désolé.
Il aurait fallu se lever et tituber dans l’obscurité, risquer
de renverser les volumes empilés et le flacon d’huile dont je me sers à l’aube
pour barder ma peau vulnérable. Et, à tâtons, il aurait fallu arpenter le mur
où les petites mouches humides que même le chat roux ne parvient pas à lamper,
font tapis par dizaines et là, il aurait fallu appuyer d’un doigt sur
l’interrupteur, assister au miracle de ce fiat lux dégénéré, pour enfin
s’asseoir sur le bord du bord du lit.
Et, tremblée de haut en bas, il ne resterait qu’à pleurer, me
laisser aller à pleurer ma tapageuse solitude mise à jour dans l'électrique
clarté nouvelle. Renverser
le chagrin par dessus chair, secouer de hoquets ma carcasse mise en
quarantaine, sous l’œil indifférent des bons et grands amis pressés entre
les pages, dans une vaine éternité frigide.
Pourtant... Vous l’avouerai-je ? Sans frimer, je vous
jure : l’un d’entre eux doit se souvenir de moi, et de ma peau d’avant les
années de veille, l’un d’eux, au moins, entre ses pages serrées comme des mâchoires
de saturne, puisque j’ai baisé la couverture du livre remontée sur ses phrases,
puis la tranche où le titre se fiançait à mes pupilles, une fois les derniers
mots soufflés. Oui, c’était son nom, maintenant j’en suis sûr. J’ai donné ces baisers gonflés d’amour à un
costume de carton ! puis quand je l’ai abandonné aux autres volumes amoncelés
en fragile équilibre, devenus pour un temps autel, reposoir boiteux de ma
soudaine ferveur, il s’est tu complètement, lui qui deux heures durant m’avait
chanté au lit une romance si persuasive que l’amour, prodigieux, m’était monté
au lèvres. Le carton lisse et luisant de la couverture maintenant pavanait en
dieu pétrifié; cloué en porte-à-faux sur le tas de recueils, il imposait son
antienne. Mais personne ni rien pour relayer à haute voix ses triomphes.
Dedans ! Dedans sans doute le cœur imperceptible battait-il encore !
Il m’aurait fallu y coller l’oreille. Et l’esprit, discret comme sont tous les
esprits vrais, l’esprit non plus n’entonnait rien ? Mais il ne pouvait que
célébrer l’hommage de mes lèvres allouvies !
La suite - je jure les grands dieux qui peuplent vos caboches !
je jure qu'elle est vraie!
Cette nuit, cette nuit-là, je dormis tout du long, sans sueur,
blottie contre un géant qu’en rêve je séduisais et qui pilait des livres et
buvait de la bière à flot, à même la cruche.
Au matin, ce matin-là, m’éveillant sous le velux inamovible, je
trouvai les livres disciplinés, les tranches verticales, les titres
abécédaires, les auteurs, vifs ou morts, en oignons, monacaux.
Je me tournai, déçue.
Et tournée je perçus le ronflement berceur d’un géant délivré de
sa publication.
Allez ! c'était aux temps où je dormais encore, où les dieux, les
grands dieux passaient dessous les portes et où les mots couchés valaient plus
que tripette.
mardi 13 novembre 2012
la routine de M. Liseron
Monsieur Liseron s'était déboîté la hanche en jouant un dimanche à saute-mouton. Il resta à terre, rêveur un moment, puis se releva sans broncher.
Soit négligence, soit obscurantisme, à moins que ce ne fut par gêne, on ne l'emmena pas soigner à l'hôpital public, distant d'une quarantaine de kilomètres du lieu de l'affaire.
Produit de sa rude enfance, la légère claudication qu'il conserva toute sa vie ne l'empêcha pas pour autant de devenir danseur pour Dames à Gueret.
" A un moment donné, pouvait-on l'entendre dire, je n'ai plus cherché la reconnaissance de mes parents parce que ce qui venait de moi venait d'un endroit où jamais ils ne seraient allés sans moi."
Ces propos mystérieux éventés à qui voulait l'entendre ne l'empêchaient pas de rendre une visite dominicale et gratuite à ses vieux géniteurs qui, une fois la table desservie, à qui mieux mieux s'extasiaient :
- Quelle taille de guêpe !
- Les dames ?
- Les bals ?
- Les bals ?
- Comme elles doivent tomber, les fines mouches!
- Et quand est-ce que tu nous fait un petit, mon agneau ?
Et le joyeux babil de l'indigent duo coulait jusqu'à la nuit tombée. Puis, tandis que Liseron se hâtait sur le bitume luisant de rosée jusqu'à la petite gare close, son retour en poche, seul, longeant les rails, il se répétait, chaque dimanche, fort de cette indépendance gagnée à la force de ses mollets fringants :
" Chacun dans sa chacunière, en propre, et les moutons sont bien gardés."
Sa canne semait des cliquetis réguliers et gracieux que la lune couvait, indolente.
lundi 12 novembre 2012
acédie
Assez dit mais tenir parole
Resurgir de cet hiver
folle saison aux moissons
molles de passions
ni de gaudrioles
à la barb' des calendriers
Torpide, lente, affaissée, lasse,
l'heure d'y bleuir bellement passe
avant de verdir chiche chasse
où chiennes et loups se prélassent
Et le ciel est meurtri puisque le ciel est bleu
Tenir sa langue prête dans le secret gelé
Raviner la matière où abriter ses voeux
et retourner sept fois les draps sur l'oreiller
La brunante frissonne sous l'aisselle de la lune
Entendez! c'est le soir engourdi
Une haleine de givre a grillé mes prières
Rime ! Rime ! c'est autant de volé aux faiseurs de frimas
aux avaleurs de feux aux extincteurs d'amour
Gazouille - mais en silence : l'époque est sans scrupule
La chanson a du bon quand c'est un ton plus bas
Et le désir grelotte son lot de babioles
Resurgir de cet hiver
folle saison aux moissons
molles de passions
ni de gaudrioles
à la barb' des calendriers
Torpide, lente, affaissée, lasse,
l'heure d'y bleuir bellement passe
avant de verdir chiche chasse
où chiennes et loups se prélassent
Et le ciel est meurtri puisque le ciel est bleu
Tenir sa langue prête dans le secret gelé
Raviner la matière où abriter ses voeux
et retourner sept fois les draps sur l'oreiller
La brunante frissonne sous l'aisselle de la lune
Entendez! c'est le soir engourdi
Une haleine de givre a grillé mes prières
Rime ! Rime ! c'est autant de volé aux faiseurs de frimas
aux avaleurs de feux aux extincteurs d'amour
Gazouille - mais en silence : l'époque est sans scrupule
La chanson a du bon quand c'est un ton plus bas
Et le désir grelotte son lot de babioles
Assez dit en mi-temps
mais y tenir parole
vendredi 19 octobre 2012
sous les yeux
sous le rideau de fer
de
La diva
deux jupons
à gauche quand tu
viens de l'Est l'est en velours noués d'usure
à droite quand tu
viens de l'Est pailleté suspect avachi
sous les jupons de
coupons mornes
en grand' largeur
origine
St Pierre à deux pas
des photos de nus
interlopes
dont se régalent les
pigeons picorant aux talons des gens les lustres éteints de Paris
s'ils tordent leurs
cous vers le ciel
quand ils soulèveront
le rideau et retrousseront les jupons
les souteneurs de cet
endroit
les yeux rincés des
volatiles tomberont dans la rigole
du caniveau vidé la
veille
- car des ternes
billes du jour clos un pauvre balayeur
la Vida
samedi 13 octobre 2012
entonner les grandes eaux
sans ces visites de ciel affaissé
de ciel frisant l'indécence à force de pluie versée
nous nous croirions orphelins
mais ça pleut et pleure et s'excuse grossièrement
des larmes tirées de nos coeurs mis à discrétion
au pressoir
au pressoir
les vins de deuil débordent nos yeux
et les ciels débondent gloutons
bouillons sans promesse d'ivresse
bouillons sans promesse d'ivresse
pareillement versés
aux grossiers avaloirs
aux grossiers avaloirs
mais
quand la vigne longuement s'abreuve
quand la vigne longuement s'abreuve
et penche ses feuilles vers nos mains
épanchement de tendresse verte où l'oubli se recroqueville
nous ne sommes plus orphelins
Libellés :
mangez un vers par jour au moins,
zabel zadikian
vendredi 28 septembre 2012
ouverture de la chasse
Ces temps de sauvagerie et d’eaux dormantes
de canards aux ailes coupées de canards déboussolés
de canards gavés
ces temps d’eaux dormantes
à l’image du cerf une femelle enchâssée :
la biche mise à flancs généreux
vigilante pourvu que
-cueillir des baies et demeurer
légère et trotter
vers la mer qui est loin, mais si
l’on suivait le fleuve où roulent gravillons et galets suçotés pas les eaux éveillées ?
Il habite la nuit
Point ne lui chaud de s’y cacher
Et paresseuse : je le surprends du
train
Mes adieux brefs le font durer multiple si je cours par le corridor
et de vitre en vitre, où l'on ne se penche pas: même sans elle, il survit
ouvre et regarde le ciel où démembrer la nuit
le soleil seul pourrait faire des ombres
froissis du cœur
Le vacarme final
Comment ? Tu n’entends rien ? C’est l’âge. Frappons des mains
Des pieds
Palmes qui avez caressé les fronts
Langues qui vous êtes suspendues au mitan du torse
Loupiote au ventre du lit puis au bassin d’où tout ondule
Amusantes vagues des reins
Palmes vous avez serré les spatules agrippé les dos
Dents, gemmes plongées dans les nuques
Entière : "elle est comment votre viande ?"
"Bien."
ne salons plus les mers et aimons-nous au poids
saisis, attrape
et cours
le souffle long l'échine longue et le podium après la ligne
où tu montas pour entonner
un chant fracassant le silence
où les femmes devaient se tenir
jeudi 27 septembre 2012
entr'acte
la tête lourde sur la balance - le chat roux rêvasse
se refusant à classer ses idées
s'expose-t-il à la confusion
ou laisse-t-il remonter en surface
des souvenirs déjà trop nombreux de lézards poursuivis
de chasse
à la souris
d'une gamelle rouge qu'envahit une cohorte de fourmis
d'herbes vibrantes de rosée
de batailles perdues nocturnes et félines
de batailles gagnées sur un criquet vert
et de territoires plus vastes
que ces cinquante mètres carrés ?
la tête lourde sur la balance - le beau chat roux rêvasse
plus légère d'une centaine de mots je me remets à travailler
mardi 25 septembre 2012
airain
Et ne connut qu'amours de pute élancées au grand ciel réjoui
balises des chemins tracés
droits
parades du bas-fossé
puis
confidente des vertébrales
suées
lente apprentie qu'on penche à l'oriental
- toujours le levant l'endormit -
se risqua à la constance
soumise à la grande dépense
et perdit
souffle voix et goût de l'orgi-
aque confiance
puis
renonça à l'Assailli
fort séante allongée ainsi
qu'un drink d'été
sur un plateau
où le vent arase les pointes
de coeur
et le mot
plus haut que l'autre,
le rose au pot et
les joues qu'embrase
la bise qui lui parle sa langue
d'Évanouie
"Je me retournerai souvent"
dans le soleil trop tôt mûri
quitter le savoureux amour qui ne dure que 3 heures par jour
et 3 heures s'asseoir au bureau pour ramasser ses mégots d'heures
vienne la nuit qui confit l'heure vienne l'heure où l'on se tait mais qu'on multiplie petits pains suspendus à son cou tiède
seuls les cris seuls les soupirs
- margelles d'ombre
arpenter les pistes du vent
et gémir sur les retours
et rentrer dans ses épaules
la tête coupée
au rosier
au pied duquel nous reposions
dans le soleil bientôt mûri
dans le soleil bientôt mûri
mercredi 25 juillet 2012
à un mangeur de lotus
sacré bordel dans les grands champs le sang javelle les bien aimants
blessée la louve morte la lèvre
abouchée au corps dépendant
ô la brocante de mes temps Tu y viendras Dis
à mon antre
déboussoler les orients qui uppercutent
déboussoler les orients qui uppercutent
mon tendre ventre et dessus
glisser savamment
glisser savamment
occider l'airain des reins qui le hantent
point n'embrasse trop tu les uses
pour la Suivante
lacet de fer blanc et dessus le chaton d'une Messaline
gemme !
et ce n'est pas tout
un clou rouillé monté que j'aime à verrouiller au secret
où j'élabore mes baisers
amour recelé en lieux sûrs
point n'embrasse trop tu les uses
pour la Suivante
Toujours le poème est à faire
au borgnon câlin où tu viens car Tu y viendras Dis
au repaire
nocturne que le jour altère
le jour c'est pour les affaires
les avaloirs y sont prospères mais fentes à dégoiser du blé
les chants sont tus et les fontaines
sèchent aux gosiers cadenassés
seule la nuit trouve trouvère
ou je baisse les jarretières de mon vélux les ouïes bouchées
De l'ombre assez enveloppée pour sortir nue et oublier
où j'ai laissé un chien de temps
dimanche 8 juillet 2012
dimanche 24 juin 2012
des étoiles comme s'il en pleuvait
Retombée dans les bras de ce danseur de Ballantine's & vraiment : trop cher pour elle. C'est aimer à brûle gueule, ne pas pouvoir s'offrir le luxe du pas de deux sur le parquet ciré de la nuit chaque fois que ça braille à la lune - le relief d'un festin sans hôte
mercredi 13 juin 2012
l'amorce de la fable
elle eut parfois la prétention d'élever l'ébat et se fit accroire que leur relation tenait du prodige, afin sans doute de supporter les cornes d'épines qui la blessaient, - géographie incongrue-, aux flancs.
mardi 12 juin 2012
trop de mots pour un seul homme
promis elle cessera de jouer avec les stickers
du frigidairequand tu te feras moins aimant
les bergers les étoiles et les chercheurs d'heures
de nuit il allait travesti sans tapiner
de jour il faisait moisson de balles le long des terrains de golf qui se languissent à la lisière des bois
on fit connaissance à l’heure bleue Chiens et loups montèrent la garde Les coeurs fracassaient les poitrines
chacun attendait souffle court
et se clapir ?
- je me tapis tu te tapis il se tapit nous nous tapissons vous vous tapissez ils se tapissent je me suis tapie tu t’es tapi il s’est tapi nous nous sommes tapis vous vous êtes tapis ils se sont tapis je me tapissais tu te tapissais il se tapissait nous nous tapissions vous vous tapissiez ils se tapissaient je m’étais tapie tu t’étais tapi il s’était tapi nous nous étions tapis vous vous étiez tapis ils s’étaient tapis je me tapis tu te tapis il se tapit nous nous tapîmes vous vous tapîtes ils se tapirent je me fus tapi tu te fus tapi il se fut tapi nous nous fûmes tapis vous vous fûtes tapis ils se furent tapis je me tapirai tu te tapiras il se tapira
- nous nous tapirons vous vous tapirez ils se tapiront je me serai tapie tu te seras tapi il se sera tapi nous nous serons tapis vous vous serez tapis ils se seront tapis je me tapirais
- tu te tapirais il se tapirait nous nous tapirions vous vous tapiriez ils se tapiraient je me serais tapie tu te serais tapi il se serait tapi nous nous serions tapis vous vous seriez tapis ils se seraient tapis que je me tapisse que tu te tapisses qu’il se tapisse que nous nous tapissions que vous vous tapissiez qu’ils se tapissent que je me sois tapie que tu te sois tapi qu’il se soit tapi que nous nous soyons tapis que vous vous soyez tapis qu’ils se soient tapis que je me tapisse que tu te tapisses qu’il se tapît que nous nous tapissions que vous vous tapissiez qu’ils se tapissent
- que je me fusse tapie que tu te fusses tapi qu’il se fût tapi que nous nous fussions tapis que vous vous fussiez tapis qu’ils se fussent tapis se tapir s’être tapi se tapissant s’étant tapi tapissez-vous
- tapis-toi tapissons-nous
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