jeudi 27 décembre 2012

samedi 15 décembre 2012

décomposition

les mots







pseudonyme






pas à pas découvrir
l'énigme toujours se love au devant




vendredi 23 novembre 2012

commencer et finir




« Mon travail, c’est d'vérifier que l’travail a été fait par ceux qui doiv'le faire. T’imagines le travail !

Avec tous ceux qui s’imagin' que l'travail, y va s’faire tout seul, et ceux qui travaillent à saper l’travail qu’on fait : j’ai du pain sur la plaie. Pis l’pain ça s’gagne à la sueur d'son front. Et pour suer, ‘faut travailler, et vice versa.

Pace que, y’en a qui s’imaginent – et qui disent, comme toi - qu'le travail est une souffrance : entre nous ça s'saurait. Personne n’aime souffrir. Et si on va par là, alors on travail' pus. Pace que personne n’aime souffrir. Mais moi, qu’est-ce que j’aurais à faire si ceux qui travail' y travail' pus, vu que mon travail c’est d’vérifier que l'travail a été fait par ceux qui travaillent. Et si y souffrent, y voudront pus par conséquent travailler, alors j’aurais pus rien à surveiller, que des gens qui travail' pas.


Rien qu' du vide.


J’ai presqu'personne au d'ssus de moi. Juste un qui vérifie que je fais bien mon travail qui est d'vérifier que l'travail a été fait par ceux qui doivent le faire. Adam et Ève ? Y z’avaient Dieu. Qui n’avait d’yeux que pour eux vus qui z’étaient qu’deux, eux. Mais maint'nant on est tell'ment nombreux, t'imagines mêm'pas le travail : ‘faut s’multiplier à la tâche. Comme des pains. ‘faut parfois savoir se couper en deux. Eux deux, comme patron, z’avaient qu'Dieu. Mon patron, ça peut pas êtr’que Dieu. Y suffit pus d’être UN maint'nant qu’on est plus de deux. Et mon patron, au d'ssus de moi, y’en a d’autres avant lui. Des sous-patrons, au d'sus d'moi. Pour vérifier qu'y font leur travaux d' patrons. Bah ouais. Et pis les Dieux, maint’nant, patrons ou pas,  z’ont aut’chose à faire. Y’a la compétitivité. Et ouais. 

Enfin, j'te dis, si ceux qui travail' décident que travailler leur convient pas, j’aurais pus d’travail : c’est mathématique. 

Ça risque de m’démobiliser pas mal.

Après c'est vrai : y’a l’ambition aussi. Parce que si tu travail' bien, bah, si tu tomb' malade par exemple, les soins, tu peux y avoir accès. ‘faut y penser, ouais ! on n’est pas toujours valide dans la vie. Surtout si on a travaillé dur. 

Donc ce que j'te dis, c'est qu'les gens qui travail' doiv' penser un peu à ceux qui doiv’ vérifier qu’y font l’travail qui z'ont à faire, pace que si y s'mettent en têt' de pus travailler, alors, pus d'travail pour ceux qui travail' à vérifier que l'travail a été fait. T'as compris ça. C’est très simple ; y f’raient mieux d’y r’garder à deux fois, pace que, quand on y r'gard' à deux fois, si c’est pas eux qui travail', alors de tout’façon, pour qu’on puiss' le vérifier l'travail qu'aura pas été fait par ceux qui travail'pus, vu qu'moi il est pas question que j'm'arête de travailler sous prétexte qu'eux, y z'ont pas peur du vide, ‘faudra bien qu’y en ait d’autres qui r’prennent le travail. Et pour eux, si y veul' rev'nir au travail, ceux qu’ont quitté leur travail, bah, y’aura pus de place. C'est mathématique ! Ce serait trop facile: on met en péril tout’système huilé depuis le premier jour qu'Dieu a fait, ou un aut' remarque bien, ça m'est égal, sous prétext' qu’on veut pas souffrir et on veut se r'trouver au premier rang ?  Moi, j'préfère te dire, si j'perdais mon travail à cause de com'toi qui veulent pus travailler et que je pourrais pus vérifier qu'y travaill' correctement : je pourrais pas l’souffrir. Oh lala dans ce cas-là, j'vois pas plus loin, j'préfère t'achever. »


mercredi 21 novembre 2012

Moi aussi j’aimerais être une prairie ! 21 Mars 85





Moi aussi j’aimerais être une prairie !


Avoir la candeur grecque de l’île aux chèvres bleues et l’anneau de saturne autour de mon bassin. Plus qu’autour des gorges, autour des fontaines, ça dialogue. Sur moi levées d’aube, passe d’armes, sur moi tranchées, sur moi jachères ! Un ruisseau au mitan pour abreuver les bêtes et ondoyer au vent et roussir en été !




16 mars 85






« Crois-tu que les vignes tortueuses ont toujours poussé vin ? Crois-tu que les arbres légers et durs s’accordent en violons ? Crois-tu encore que la biche caressante s’étire déjà aux étales ? Crois-tu que le bourreau, enfant, tranchait des têtes ? » Il posa les questions et s’enfuit, les talons aux fesses, les sandalettes à la main.




17 janvier 85








Apprenez-le : on m’a prise pour un masque et on m’a essayée !
on m’a prise pour un masque ! Entendez-vous la fable ?
Prêtresse d’Artémis, chinoise courtisane, ou basique d’argile
Je suis en carnaval sur une face étrange et je ne bronche pas !







13 janvier 85








Et le rêve en fin nu n’est qu’un fichu squelette







La fête de famille / 4 déc 85





Les flammes se dandinent au caveau de famille
sous les lambris dorés qui lèchent le crépis

les compères s’engosillent
les commères grondent filles
de plus vieux s’acoquinent avec de plus spectrales

un monsieur ennuyé, comme désinvité, rumine dans un coin
le quart de son poumon qui reste en sa carcasse enfle mais c’est discret

c’est la fête ce soir au caveau de famille

soudain, le pique-disette s’approche de la colombe : c’est l’unique rejetonne
du pater magistral
et le coup d’œil fatal décoche le palpitant sec de la gamine

Le sévère patriarche se lève – clignements d’os
« Sortez-le ! Sortez-le : il va perdre mon sang !
-       croit-il le vieux machin que sa pauvre héritière morte de deux cents ans puisse se perdre encore ?
« On s’est trompé sans doute en le jetant dedans ! »

L’intrus est dévissé : l’honneur sauf se rengorge.
Un squelette de pucelle frotte ses côtes flottantes et essuie la poussière poussée au creux de l'œil tandis qu’on trinque et valse et parlote bon vieux temps.



mardi 20 novembre 2012

L'interview de Mario B





« C’est à moi que vous demandez ? Oui ! Si vous demandez, je réponds : oui ! j’aime les femmes blessées, sensibles à l’extrême, - les fragiles, dont la furie ne s’exhale pas en cris mais en soupirs et en regards brûlés de bêtes prises au collet. Les femmes blessées, c’est ça. Je les préfère aux solides. Les solides, les complètes – les femmes qui n’ont pas besoin - non. Non, je – Si on cherche une mère pour – oui, mais moi, non. Je n’ai jamais cherché la mère de mes enfants. D’ailleurs, je n’ai pas d’enfants, non : c’est un tout autre usage. Enfin, une autre vision.

Entendons-nous bien : je n’aime pas blesser les femmes : d’autres s’en chargent très bien, ou les choses de la vie,  les aléas - quoi ! J’aime les femmes blessées : j’aime faire acte de réparation.

Oh ce n’est pas non plus que je souhaiterais qu’elles courent les rues et peuplent l’univers, les femmes blessées. Je ris ! mais c’est un charme que j’ai toujours aimé retrouver chez mes conquêtes, cette – faille ? Cette vulnérabilité qui les rend – comment dire ? éphémères plus que les autres. Comme fugitives plutôt. Insaisissables. Oui, j’aime posséder les femmes qui ont ce charme. Et ma compagne, celle que vous admirez, derrière la vitre, il n’y a pas à chercher bien loin : c’est l’une d’elles. Elle est toute pétrie de ce charme.

Et afin qu’il demeurât un charme, une brutalité, si je peux dire, nature, exempt de coquetterie ou d’artifice, puisque je dirige l’entreprise – oui, c’est moi le patron- je l’ai placée en première ligne. Dans la boutique. Elle est au comptoir, là, à droite.

Oui, c’est elle. Les petites à côté font les vendeuses, et c’est elle, pâmée, dolente, romanesque qui cause avec la clientèle. Avec sa voix - Elle est là et qui se laisse regarder, et c’est volontiers aussi qu’on l’écoute. Elle soulève l’empathie, c’est du velours.

Moi, ici, j’organise, je gère, je compte et parfois même, c’est moi qui met la main à la pâte pour la décoration. Rien à voir.

Et je sais qu’elle tire profit de l’admiration que je lui permets qu’on lui voue, puisqu’elle demeure entièrement souffrante ; depuis qu’elle est en vitrine, elle s’améliore, elle se complait, elle épaissit. Elle a dépassé la désolation et ses hordes de plaintes, non, elle souffre en silence, dans ses chairs, comme il faut.

On aime, déjà depuis la rue, ce corps ambigu qui s’expose sans en avoir l’air et s’étire et se ramasse sur soi pour soudain bondir hors de sa gangue et frémir. Ces cris sourds, rentrés qu’on perçoit, si on est attentif, au travers de tous les petits mots des petites choses du quotidien. Comme elle alanguit ses voyelles, comme elle pourlèche ses doubles consonnes !

J’ai l’esprit partageur : j’ai l’esprit commerçant. Je la laisse faire ce qu’elle veut derrière la vitrine et les clients peuvent en profiter – mais nous nous repassons les meilleurs moments, parfois, le soir, grâce aux captations des caméras de vidéo-surveillance juste tous les deux. Et elle se trouve épouvantable, évidemment, et s’en veut et se tord. Mais je suis là. Je suis là. Elle attend de moi ces signes de dévotion, ces applaudissements muets dont toutes les femmes, même les solides quoiqu’elles disent, sont éprises. Et ma femme blessée, le clou de mon magasin,  plus que les autres encore se montre sensible à mes attentions. 

Oh non ! je ne tiens pas à ce qu’elle guérisse – d’ailleurs, elle n’est pas malade : elle est blessée. La consoler serait l’achever : non, ce qu’il faut c’est fêter ses tourments. Les embellir, en quelque sorte. Nous avons trouvé notre équilibre et prenons même, parfois, en fin de saison, si le chiffre d’affaires le permet, un congé au soleil. Ça nous repose du commerce.

Je ne dis pas : oui, si je vivais à Poznan, par exemple, les choses auraient suivi un tout autre cours peut-être. »








lundi 19 novembre 2012

La consolation des grands hommes






aux phryganes trichoptères qui grimpent, appâts des rêves, le long de mon chevet ordinaire









À travers le velux je reluquais les reflets du couchant garni des reliefs du festin céleste. Des lambeaux violacés zébraient irrégulièrement le carré vitré.
Et ça rosissait quelque part.

Bientôt l’ombre gloutonne avalerait mon lit et tous alentour, Pamuk, Coetzee, Montalban et les autres, couchés sans volupté, tous et leurs tranches découvertes malgré eux comme des flancs offerts aux ténèbres impudentes.

Aucun d’eux ne se lèverait courageusement pour actionner le commutateur, tous plongés avec moi dans les entrailles du ciel de lit éteint. Et privée de la lueur électrique et câline de l’ampoule nue, ambre tiède amortissant les terreurs des vivants, sentinelle dénudée pendue par le collet au plafond sans nuance, je ne lirais pas avant de dormir. Ni ne dormirais pour autant. Mes doigts rompus à l’effeuillage du plus humble gâte-papier se replieraient dans mes paumes, et à poings fermés, je veillerais les heures longues qui séparent du jour naturel, vêtue d’une leste chemise de borgnon.

Je ne dormirais pas. Aux aguets. Patiente. Autant que je puis l'être dans mon lit désolé.



Il aurait fallu se lever et tituber dans l’obscurité, risquer de renverser les volumes empilés et le flacon d’huile dont je me sers à l’aube pour barder ma peau vulnérable. Et, à tâtons, il aurait fallu arpenter le mur où les petites mouches humides que même le chat roux ne parvient pas à lamper, font tapis par dizaines et là, il aurait fallu appuyer d’un doigt sur l’interrupteur, assister au miracle de ce fiat lux dégénéré, pour enfin s’asseoir sur le bord du bord du lit. 

Et, tremblée de haut en bas, il ne resterait qu’à pleurer, me laisser aller à pleurer ma tapageuse solitude mise à jour dans l'électrique clarté nouvelle. Renverser le chagrin par dessus chair, secouer de hoquets ma carcasse mise en quarantaine,  sous l’œil indifférent des bons et grands amis pressés entre les pages, dans une vaine éternité frigide.



Pourtant... Vous l’avouerai-je ? Sans frimer, je vous jure : l’un d’entre eux doit se souvenir de moi, et de ma peau d’avant les années de veille, l’un d’eux, au moins, entre ses pages serrées comme des mâchoires de saturne, puisque j’ai baisé la couverture du livre remontée sur ses phrases, puis la tranche où le titre se fiançait à mes pupilles, une fois les derniers mots soufflés. Oui, c’était son nom, maintenant j’en suis sûr. J’ai donné ces baisers gonflés d’amour à un costume de carton ! puis quand je l’ai abandonné aux autres volumes amoncelés en fragile équilibre, devenus pour un temps autel, reposoir boiteux de ma soudaine ferveur, il s’est tu complètement, lui qui deux heures durant m’avait chanté au lit une romance si persuasive que l’amour, prodigieux, m’était monté au lèvres. Le carton lisse et luisant de la couverture maintenant pavanait en dieu pétrifié; cloué en porte-à-faux sur le tas de recueils, il imposait son antienne. Mais personne ni rien pour relayer à haute voix ses triomphes. Dedans ! Dedans sans doute le cœur imperceptible battait-il encore ! Il m’aurait fallu y coller l’oreille. Et l’esprit, discret comme sont tous les esprits vrais, l’esprit non plus n’entonnait rien ? Mais il ne pouvait que célébrer l’hommage de mes lèvres allouvies !

La suite - je jure les grands dieux qui peuplent vos caboches ! je jure qu'elle est vraie!

Cette nuit, cette nuit-là, je dormis tout du long, sans sueur, blottie contre un géant qu’en rêve je séduisais et qui pilait des livres et buvait de la bière à flot, à même la cruche.

Au matin, ce matin-là, m’éveillant sous le velux inamovible, je trouvai les livres disciplinés, les tranches verticales, les titres abécédaires, les auteurs, vifs ou morts, en oignons, monacaux. 
Je me tournai, déçue.

Et tournée je perçus le ronflement berceur d’un géant délivré de sa publication.

Allez ! c'était aux temps où je dormais encore, où les dieux, les grands dieux passaient dessous les portes et où les mots couchés valaient plus que tripette.

mardi 13 novembre 2012

la routine de M. Liseron




Monsieur Liseron s'était déboîté la hanche en jouant un dimanche à saute-mouton. Il resta à terre, rêveur un moment, puis se releva sans broncher.  

Soit négligence, soit  obscurantisme, à moins que ce ne fut par gêne, on ne l'emmena pas soigner à l'hôpital public, distant d'une quarantaine de kilomètres du lieu de l'affaire.   

Produit de sa rude enfance, la légère claudication qu'il conserva toute sa vie ne l'empêcha pas pour autant de devenir danseur pour Dames à Gueret.

" A un moment donné, pouvait-on l'entendre dire,  je n'ai plus cherché la reconnaissance de mes parents parce que ce qui venait de moi  venait d'un endroit où jamais ils ne seraient allés sans moi." 
Ces propos mystérieux éventés à qui voulait l'entendre ne l'empêchaient pas de rendre une visite dominicale et gratuite à ses vieux géniteurs qui, une fois la table desservie, à qui mieux mieux s'extasiaient :
- Quelle taille de guêpe ! 
-  Les dames ?
- Les bals ?
- Comme elles doivent tomber, les fines mouches!
- Et quand est-ce que tu nous fait un petit, mon agneau ?
Et le joyeux babil de l'indigent duo coulait jusqu'à la nuit tombée. Puis, tandis que Liseron se hâtait sur le bitume luisant de rosée  jusqu'à la petite gare close, son retour en poche, seul, longeant les rails, il se répétait, chaque dimanche, fort de cette indépendance gagnée à la force de ses mollets fringants :
" Chacun dans sa chacunière, en propre, et les moutons sont bien gardés."

Sa canne semait des cliquetis réguliers et gracieux que la lune couvait, indolente.


lundi 12 novembre 2012






les terres grises les eaux tourmentées
les forêts d'arbres canines
les cités pointues les ravines
les chairs heurtées

Mais 
la douceur d'un lit de fleuve où lavée des combines
de semblables
                       - les miens -
je vais épouser ton sourire où 
dormant 
danse 
pourtant

la griserie d'un caprice ancien







acédie

Assez dit mais tenir parole

Resurgir de cet hiver
folle saison aux moissons
molles de passions
                                         ni de gaudrioles

à la barb' des calendriers



Torpide, lente, affaissée, lasse,
l'heure d'y bleuir bellement passe
                                        avant de verdir  chiche chasse
                                        où chiennes et loups se prélassent



Et le ciel est meurtri puisque le ciel est bleu
Tenir sa langue prête dans le secret gelé
Raviner la matière où abriter ses voeux
et retourner sept fois les draps sur l'oreiller




La brunante frissonne sous l'aisselle de la lune
Entendez! c'est le soir engourdi
Une haleine de givre a grillé mes prières
Rime ! Rime ! c'est autant de volé aux faiseurs de frimas
aux avaleurs de feux aux extincteurs d'amour
Gazouille - mais en silence : l'époque est sans scrupule
La chanson a du bon quand c'est un ton plus bas

Et le désir grelotte son lot de babioles

Assez dit en mi-temps 
mais y tenir parole 



















vendredi 19 octobre 2012

sous les yeux





sous le rideau de fer de
La diva
deux jupons

à gauche quand tu viens de l'Est l'est en velours noués d'usure
à droite quand tu viens de l'Est pailleté suspect avachi

sous les jupons de coupons mornes
en grand' largeur                     origine St Pierre à deux pas
des photos de nus interlopes
dont se régalent les pigeons picorant aux talons des gens les lustres éteints de Paris
s'ils tordent leurs cous vers le ciel


quand ils soulèveront le rideau et retrousseront les jupons
les souteneurs de cet endroit
les yeux rincés des volatiles tomberont dans la rigole
du caniveau vidé la veille

- car des ternes billes du jour clos un pauvre balayeur                        
 la Vida










samedi 13 octobre 2012

entonner les grandes eaux





sans ces visites de ciel affaissé
de ciel frisant l'indécence à force de pluie  versée
nous nous croirions orphelins


mais ça pleut et pleure et s'excuse grossièrement 
des larmes tirées de nos coeurs mis à discrétion
au pressoir 

les vins de deuil débordent nos yeux
et les ciels débondent gloutons
bouillons sans promesse d'ivresse
pareillement versés

aux grossiers avaloirs


mais
quand la vigne longuement s'abreuve
et penche ses feuilles vers nos mains
épanchement de tendresse verte où l'oubli se recroqueville
nous ne sommes plus orphelins







vendredi 28 septembre 2012

ouverture de la chasse






Ces temps de sauvagerie et d’eaux dormantes
de canards aux ailes coupées de canards déboussolés
de canards gavés

ces temps d’eaux dormantes

à l’image du cerf une femelle enchâssée :
la biche mise à flancs généreux
vigilante pourvu que
-cueillir des baies et demeurer légère et trotter
vers la mer qui est loin, mais si l’on suivait le fleuve où roulent gravillons et galets suçotés pas les eaux éveillées ?

Il habite la nuit
Point ne lui chaud de s’y cacher

Et paresseuse : je le surprends du train
Mes adieux brefs le font durer multiple si je cours par le corridor
et de vitre en vitre, où l'on ne se penche pas: même sans elle, il survit

ouvre et regarde le ciel où démembrer la nuit
le soleil seul pourrait faire des ombres







froissis du cœur



Le vacarme final 

Comment ? Tu n’entends rien ? C’est l’âge. Frappons des mains
Des pieds


Palmes qui avez caressé les fronts
Langues qui vous êtes suspendues au mitan du torse
Loupiote au ventre du lit puis au bassin d’où tout ondule
Amusantes vagues des reins
Palmes vous avez serré les spatules agrippé les dos 
Dents, gemmes plongées dans les nuques
Entière  : "elle est comment votre viande ?"
"Bien."
ne salons plus les mers et aimons-nous au poids
  
saisis, attrape 
et cours
le souffle long l'échine longue et le podium après la ligne
où tu montas pour entonner
un chant fracassant le silence

où les femmes devaient se tenir




  


jeudi 27 septembre 2012

entr'acte






la tête lourde sur la balance - le chat roux rêvasse
se refusant à classer ses idées
s'expose-t-il à la confusion

ou laisse-t-il remonter en surface
des souvenirs déjà trop nombreux de lézards poursuivis
de chasse
à la souris
d'une gamelle rouge qu'envahit une cohorte de fourmis

d'herbes vibrantes de rosée
de batailles perdues nocturnes et félines
de batailles gagnées sur un criquet vert
et de territoires plus vastes
que ces cinquante mètres carrés ?

la tête lourde sur la balance - le beau chat roux rêvasse



plus légère d'une centaine de mots je me remets à travailler





mardi 25 septembre 2012

airain




Et ne connut qu'amours de pute élancées au grand ciel réjoui
balises des chemins tracés
droits
parades du bas-fossé
puis

confidente des vertébrales
suées
lente apprentie qu'on penche à l'oriental
- toujours le levant l'endormit -
se risqua à la constance
soumise à la grande dépense
et perdit
souffle voix et goût de l'orgi-
aque confiance
puis

renonça à l'Assailli
fort séante allongée ainsi
qu'un drink d'été
sur un plateau
où le vent arase les pointes
de coeur
et le mot
plus haut que l'autre,
le rose au pot et


les joues qu'embrase
la bise qui lui parle sa langue
d'Évanouie







"Je me retournerai souvent"





dans le soleil trop tôt mûri 
quitter le savoureux amour qui ne dure que 3 heures par jour
et 3 heures s'asseoir au bureau pour ramasser ses mégots d'heures

vienne la nuit qui confit l'heure vienne l'heure où l'on se tait mais qu'on multiplie petits pains suspendus à son cou tiède

seuls les cris seuls les soupirs
-                                             margelles d'ombre
arpenter les pistes du vent 
et gémir sur les retours
et rentrer dans ses épaules
la tête coupée
au rosier


au pied duquel nous reposions
dans le soleil bientôt mûri 








mercredi 25 juillet 2012

à un mangeur de lotus







sacré bordel dans les grands champs le sang javelle les bien aimants
blessée la louve morte la lèvre
abouchée au corps dépendant




ô la brocante de mes temps Tu y viendras Dis 
à mon antre
déboussoler les orients qui uppercutent 
mon tendre ventre et dessus
glisser savamment
occider l'airain des reins qui le hantent
point n'embrasse trop tu les uses
pour la Suivante

lacet de fer blanc et dessus le chaton d'une Messaline
gemme !
et ce n'est pas tout
un clou rouillé monté que j'aime à verrouiller au secret
où j'élabore mes baisers
amour recelé en lieux sûrs
point n'embrasse trop tu les uses
pour la Suivante

Toujours le poème est à faire
au borgnon câlin où tu viens car Tu y viendras Dis 
au repaire
nocturne que le jour altère

le jour c'est pour les affaires
les avaloirs y sont prospères mais fentes à dégoiser du blé
les chants sont tus et les fontaines 
sèchent aux gosiers cadenassés
seule la nuit trouve trouvère
ou je baisse les jarretières de mon vélux les ouïes bouchées
De l'ombre assez enveloppée pour sortir nue et oublier
où j'ai laissé un chien de temps





dimanche 8 juillet 2012

self-made words







hands 'clock keep your time cleaned

and wash up the lost hours
in the lover's arms












dimanche 24 juin 2012

des étoiles comme s'il en pleuvait

Retombée dans les bras de ce danseur de Ballantine's & vraiment : trop cher pour elle. C'est aimer à brûle gueule, ne pas pouvoir s'offrir le luxe du pas de deux sur le parquet ciré de la nuit chaque fois que ça braille à la lune - le relief d'un festin sans hôte

mercredi 13 juin 2012

l'amorce de la fable

















elle eut parfois la prétention d'élever l'ébat et se fit accroire que leur relation tenait du prodige, afin sans doute de supporter les cornes d'épines qui la blessaient, - géographie incongrue-, aux flancs.













mardi 12 juin 2012

trop de mots pour un seul homme


promis elle cessera de jouer avec les stickers
du frigidaire


quand tu te feras moins aimant

les bergers les étoiles et les chercheurs d'heures










de nuit il allait travesti sans tapiner
de jour il faisait moisson de balles le long des terrains de golf qui se languissent à la lisière des bois 
on fit connaissance à l’heure bleue Chiens et loups montèrent la garde Les coeurs fracassaient les poitrines 
chacun attendait souffle court





et se clapir ?


  1. je me tapis  tu te tapis  il se tapit  nous nous tapissons  vous vous tapissez  ils se tapissent  je me suis tapie  tu t’es tapi  il s’est tapi  nous nous sommes tapis  vous vous êtes tapis  ils se sont tapis  je me tapissais  tu te tapissais  il se tapissait  nous nous tapissions  vous vous tapissiez  ils se tapissaient  je m’étais tapie  tu t’étais tapi  il s’était tapi  nous nous étions tapis  vous vous étiez tapis  ils s’étaient tapis  je me tapis  tu te tapis  il se tapit  nous nous tapîmes  vous vous tapîtes  ils se tapirent  je me fus tapi  tu te fus tapi  il se fut tapi  nous nous fûmes tapis  vous vous fûtes tapis  ils se furent tapis  je me tapirai  tu te tapiras  il se tapira  
  2. nous nous tapirons  vous vous tapirez  ils se tapiront  je me serai tapie  tu te seras tapi  il se sera tapi  nous nous serons tapis  vous vous serez tapis  ils se seront tapis  je me tapirais  
  3. tu te tapirais  il se tapirait  nous nous tapirions  vous vous tapiriez  ils se tapiraient  je me serais tapie  tu te serais tapi  il se serait tapi  nous nous serions tapis  vous vous seriez tapis  ils se seraient tapis  que je me tapisse  que tu te tapisses  qu’il se tapisse  que nous nous tapissions  que vous vous tapissiez  qu’ils se tapissent  que je me sois tapie  que tu te sois tapi  qu’il se soit tapi  que nous nous soyons tapis  que vous vous soyez tapis  qu’ils se soient tapis  que je me tapisse  que tu te tapisses  qu’il se tapît  que nous nous tapissions  que vous vous tapissiez  qu’ils se tapissent  
  4. que je me fusse tapie  que tu te fusses tapi  qu’il se fût tapi  que nous nous fussions  tapis  que vous vous fussiez tapis  qu’ils se fussent tapis  se tapir  s’être tapi  se tapissant  s’étant tapi   tapissez-vous  
  5. tapis-toi tapissons-nous