jeudi 24 mars 2011






la laisse voie lactée en feu je vous jure lâchée sur la campagne qui toujours est repoussée plus loin
calendes d'avenir
l'incendie gagne les brindilles grises et sèches
le soleil qui leur pend au nez est un lichen roussi pas moins
un souvenir de confiture

pourtant
aux flancs
lui repousse
un petit tertre de mousse
verte et moelle tendre

où il fera bon marcher
pieds nus dans la nuit jaune
la chair des plantes fraîche sous le faune brasier




C'est une rivière au lit désOrienté qui ne retient pas ce qu'elle a reflété un instant. Son cours délivre des tas d'images pieuses ou pornographiques en déroulé au jour, des rues gonflées de têtes, des bains assassins, et jamais de silence. Le silence n'a pas gravé son reflet.

Son lit cailloute et chante, les ressorts de ses ondes remuent leurs omoplates, les cascades dans ses bras sautillent, ramures cocasses. Et la nuit, ce sont les profondeurs qui lui remontent aux lèvres, graves, huileuses, acides, sournoisement : algues malfaisantes aux voix aigues, vases enchantées, limons et merveilles enfouies depuis des lustres, cadavres dérisoires de moustiques noyés, baves d'étoile, huîtres ventrues saisies de spasmes, carpes anciennes aux racontars fumeux.

Mais votre bouche aspire sa joie à sa source. Votre bouche jadis respirant ses poumons, s'accolant à ses lèvres, parlant tous ses langages, votre bouche consent à la déposséder gobant en ronde bouche toutes les hypothèses de l'économie de mémoire.




les oeillères et les échasses





à midi ma petite vient remplir sa besace & son ventre d'enfant sur jambes délicates. Je bouche mes oreilles pour ne pas voir passer les larmes du nuage
qui passe







reviens au pays





l'unique langue qui me soit natale
repose rose dans ma bouche

et j'ai deux poches sous les deux yeux
que ma langue n'atteint jamais


mercredi 23 mars 2011

L'océan même au soleil levant







L'océan même m'est à la traîne dès que j'enfile mes sabots battent mes flancs
je galope lancéolée dans le printemps qui s'émoustille
Le chemin est-il embourbé?
La sente interdite aux filles?
j'aile mes flancs Le ciel bombé
couronne mes allures d'Orient :
je caracole
l'océan, le ciel se gondolent
se tordent la terre et le vent

Un qui nous deviendra centaure m'attend

je hennis au soleil levant




vers luisant pour la veilleuse Marianne







bientôt lampyres nous éclairions nos ténèbres et nos bringues
sans lampion chipé aux bastringues des Autrefois radieux et purs







tout ce qui vient d'en haut





du ciel au ciel là où
à chaque battement
d'ailes les oiseaux engendrent un dieu
qui tombe sur terre pesamment
-car point n'est de dieu volatile,
chacun va sa tonne de lingot -
du ciel au ciel les vents s'étalent
boursouflant ailes, voiles et scandales

De leurs perrons les petits hommes ne tolèrent plus le vide
les pluies de Dieux sont trop acides
alors ils hissent en Empyrée de gros nuages. En option :
estomac vessie baluchon
levures augmentées de poison

L'albatros et le colibri
l'étourneau et la salangane
se renversent et sur le dos volent
dans les grands ciels qui se gondolent






la récidive d'α






homme et gars
toutes fins
mes débuts dans vos mains

Ô mes gars
soyez fins
portez-moi aux nuées

Homm' Méga cher géant
vos bras me furent charmants
j'y reprendrais bien une lichée
de grands recommencements




mardi 22 mars 2011

la chanson des amants déçus











au bois il n'y a plus de cerf
ni de biche ni de faons ni de
dessert au frigidaire pour la belle enfant
tout se gagne puis tout se perd
se transforment seuls les amants
glaises parjures qui s'en allèrent
au bois au bord de l'étang
là où buvaient les créatures
qui les ont vus longtemps s'aimant
frissonnant d'un juste murmure
puis s'éloignant

si je retourne à l'étang
moi qui ai trompé notre ardeur
en la vocabularisant
je m'y noierais Sois en sûr
Les plis de la mare frôlée
par la bise que tu enverras
en adieux seront mon linceul
et de nous deux je boirais seule
les liqueurs vives de nos ferments
notre amitié raz la gueule

puis m'éloignant




les vers antibiotiques pour une ultime délicatesse







... et en cadeau d'adieux
celui
pour qui je fendais mes robes
plus haut que mes yeux
m'offrit
un vrai million de puissants microbes...






le manche après la cognée




Eh! l'ogre révolu
au poitrail de jaspe
grand coureur de bas fonds
aux jupons des juments

Barbe-bleue toi qui fut -des années!- mon amant
bienfaiteur des coïts novateur audacieux
persévérant revif des rustiques veillées

n'aurais-tu pas laissé négligemment un soir
sous mes oreillers plumeux

la clef de tes abattoirs ?







... et l'autonomie de vos hanches la brièveté de vos mains blanches mains morses tapotant distraites le rebord de mes abandons et la violence de nos retrouvailles gais égarements consentis et la rondeur de nos baisers qu'évapore la nuit clandestine les ressacs le jour entamé l'espoir du recommencement à peine dissimulé les brûlures du jour vigoureux levé sur l'insomnie fantasque ?




dimanche 20 mars 2011



Sang vert Lagunes brûlantes aux veines Circule, Printemps! Rien à lamper
de mon côté. Tout le corps me blesse et la chair qui me tient lieu de cervelle se sale aux grandes chutes lacrymales

le carnage du printemps


Une chair tremble dans sa peau douce qui veut encore s'affoler
des effluves nouvelles
du Printemps

À un pâté de maison,
ce sont deux bouchers amoureux qui s'éveillent dans les bras l'un l'autre

La chair fut chair pour le boucher. C'est passé : il faut s'avarier.

Étrennant la nouvelle saison
la chair aveugle et tendre a tourné salaison.

À un pâté de maison,
les bouchers embrassés l'étripent et la vident
dégorgeant leurs baisers sous le legs mesuré du jour
radoté

La chair qui s'acharne à tutoyer les gens à renommer les choses
tremble et n'ose
s'asseoir nue à une terrasse du quartier
de peur de les y rencontrer

Sur le billot du jour usé elle s'habille de sa rose
peau de chagrin
qui s'amenuise jusqu'à la nuit grise
et carnée