samedi 1 janvier 2011

pouvoir ne pas


si obscurs et pourtant à venir
- et l'eau-de-vie et la jouvence et les marasquins lumineux
à tirer des boyaux célestes !-
si prétendus meilleurs tant annoncés nouveaux
- et corzéhâme de toutes nos forces aux anges et l'éternité !-

Qu'ils viennent !
nous nous barderons de courage : nous relèverons nos mentons !
nous humerons la narine épanouie et le poumon vibrant !
nous tonitruants nous ravis Nous, enfin!

l'oeil rincé dans tous les mauvais spiritueux -je tremble salement-
mais les semelles battant la poussière d'où nous reviendrons encore

Nous à proprement parlé corrompus d'amour
les veines explosives et la peau accueillante
nous danserons aussi
les temps nouveaux
à contre temps



Si l'on est plus de deux :
sinon, je me débrouille

car je n'ai pas le coeur à entonner des songes pour envoyer lonlère mes frères au crépuscule
car je n'ai pas l'esprit assez vain, minuscule pour tarir de mes soeurs les vivaces émois


vendredi 31 décembre 2010

La promenade sentimentale 22 janvier 2010






Je me déchausse d’abord puis débauche un miracle

C’est le Passage du Désir à l’aube et ses habitants de dentelle

C’est le boulevard C’est la gueule du loup C’est sur le bitume coulé

Où j’ai laissé mes bas, cachés, les talons des passants pressés.

Je les reprendrais au retour Pourvu que personne n’ait fait avec

une laisse pour son chien ou son fils ou un anti-vol pour sa bicyclette.

Mes jambes nues vont dans Paris je ne les suis pas je suis

dans mon lit au deuxième étage avec un joli qui partage

Ma solitude et femme-tronc je glisse dans la nuit otage

D’un amour qui me coupe les pattes.


a woman called Insomnia






n'attendez plus que le jour se penche

ni que les nuits s'abrègent Prenez le raccourci Confondez les saisons Et goûtez sur ma peau le temps incorruptible Marchez dans les fougères Ne suivez pas les traces

Offrez moi votre corps Mon lit est cet autel où le sacrifié se relève triomphant ce cahier perpétuel
des grâces voluptueuses cette source d'oubli où vous revigorer Revenez crève-coeur n'attendez plus l'Ennui La forêt somptueuse s'allonge pour la joie

1-2-3 Revenez au bois Il fait sombre et j'ai bien trop froid

nous nous amuserons à nous rebaptiser Chacun de nos baisers blasphémera la mort Nous serons si féroces à lier l'un à l'autre au pied d'un chêne noir d'un chêne immémorial


nous déferons l'amour pour le refaire encore





mardi 28 décembre 2010

série animale





Un boeuf c’est un truc genre éprouvette en plus gros qu’on fiche dans le cul d’une vache qui y grossit pour en sortir un certain nombre de mois plus tard dont on coupe certains appendices supposés surnuméraires qu’on engraisse selon des normes avérées productives qu’on entasse avec d’autres systèmes similaires dans des boxes qu’on abat en série sans avoir pris soin de lui faire avouer quoique ce soit qu’on découpe et que tu peux voir en partie sous cellophane dans le rayon frais de ton supermarché, sans peau sans tripe, sans souffle.




lundi 27 décembre 2010

les anciens jeux


il y a trois jours j'ai écrit

Puissions-nous entrer dans l'année neuve à température ambiante et visiter du pays
hier la Seine est sortie de son lit tu entres dans le mien aujourd'hui