samedi 28 mai 2011

7 days After




minuit tu vins la porte verte
dans la nuit déhalée ouverte
pourvu que 2 étages après

la bouche de soif - un fleuve elle écumerait !
gravit ton corps et l'écroulement des nuits franches qui finissent sources
coudées de distances éteintes nous en voulions !

"- Parle plus simple."

J'ai poussé du pied, libre, rue Bleue puis du Paradis finissante au Désir
Ma langue déliée sait des noms Tiède est la nuit d'avant l'étreinte

"- Parle plus simple."

Revenons au doux souvenir : à la porte, minuit ! c'est la lune,
ce halo!
Embrun
-car tu n'as pas la puissance du vent-
grimpe encore un niveau.

La fontaine au bout du fleuve à retroussis gargouille d'envie
l'eau est fraîche malgré les années
nul artifice à ses flancs

les petits graviers des rives qui vont rouler contre celui
des cimetières -terres retournées et inconnues encore - dans un tamis de baisers
que tu ne refuses pas
je les passe

"- Parle plus simple."

Tu te répètes mais je ne m'en porte pas plus mal

La vie aux paupières lourdes l'éternité souffletée dans la répétition.
ah ! Si l'acte jamais n'avait été sitôt qu'il fut pour toujours être à venir.

Mais s'étalent les grèves piétinées par tes belles des deux côtés peu
m'importe je nage sous l'onde dessus syreine toujours
syreine toujours l'âge me souffle
dans les bronches de vastes lampées de plaisir
et mes jambes troquées courent les pages blanches
ma gorge se dénoue sous les caresses abandonnées
Toutes ces caresses orphelines !

"- Parle plus simple..."
Tu soupires

Tout-inconnu tout-aimé
mes dents clouées dans le cerveau aujourd'hui je te parle bleuie
d'une histoire sans trace
arrachée au temps qui commence quand les mains rapprochent le visage
du visage sur le visage les lèvres
rapprochent les lèvres des lèvres et que nous parlons la même langue
plus de sept fois tournée dans nos palais de nacre rose

(exaspéré) : "- Parle plus simple."

Du vent le vent ! passe chemin murailles d'aube lit d'aurore miroir passe et soulève mes draps
passeront mais je laisse le temps s'attarder dans leurs plis

J'y cultive des lacunaires :
contemplez ces fleurs de chartreux ployées sous les ciels secrets. La rosée seule
les nourrit. Prie pour moi toi qui sait prier.
Chez toi, fait-il encore minuit ?
Une nuit d'écailles transies me berce Ses longs bras autour de ma taille

et je rêve de jambes à ton cou

j'ai troqué ma voix au matin
le jour parlait simple mais rouge

les peaux couraient frissons
satin je frappe à la porte ouverte
Longtemps je resterai au seuil








longtemps dans les bois
qui garnissent ton front je gambadais

fougères, mousses, lichens bleus crus sur des troncs vergés de prénoms
noués par deux à l'Opinel parfois
insectes de tous bords oiseaux piailleurs oiseaux mouches mammifères farouches baise-fleurs
ancestraux sangliers lapins bondis terriers tapis aux flancs des buttes
molles de terreaux odorants clairière enfin
clairière où roule en demi lune la clarté

là je fuyais les cerfs pour m'abreuver sereine
dans l'étang double et torve de ton regard ravi
j'allais le talon haut je passais les ravines
je reposais à l'ombre d'un feuillu centenaire à demi
persistant aux racines plongées dans mon désir
sauvage je riais de la férocité

j'ignorais tout des pièges des chasseurs mais pire
ne savais rien des douceurs citadines
où fermente la certitude d'être aimée
quelque soit la saison











dimanche 22 mai 2011

l'avant-goût






tordu l'estomac vrillé le coeur clouté l'esprit maintenant je plonge dans un bain
c'est une chance de nager l'enfer un talent de le faire naître
avant de disparaître

payer grassement un ange cela ne coûte rien pour qu'il intercède
vite

vite tant le bain brûle
et jeter l'ange avec son eau

On avait rencontré un sourcier : un regard et c'était fontaine. Autour, on monta des murs. On s'approcha de la margelle. On y précipita le sourcier. À la fontaine jamais, on ne pourra
s'y aller promener. À moins qu'il remonte les yeux clairs, indulgent, patient, amical.


Qui rêverait au fond d'un puits où j'ai plongé pour oublier Jouvence l'aimable sourcier
que j'avais précipité ?







les ardoises magiques




embrasser ceux qui sont vivants
et errer
et se perdre
et ne pas penser aux baisers
que l'on désire encore donner
des cailloux
dans le creux des reins

et regarder les statues qui se regardent
dans les miroirs morts

laisser les reflets lisses aux poissons
jeter ses cailloux dans les mares

dormir de son bon sommeil
ardent le rêve qui me dévore

les jours qui sont devant se comptent-ils en heures?
que sais-tu des jours qui viennent et des années et des siècles
où nous dormirons de nos mauvais rêves
et des jambes patientes
qui écriront des histoires sans fin
sur des cadrans courbés
corps des noces mal retroussées ?

et puis n'est-ce pas folie que de poser dans les mains d'un autre ses paquets quand on voudrait juste y boire l'eau claire des baisers ?

à genoux et laisser les vagues nous passer par dessus-tête
oublier un peu et reconnaître le radeau qu'on vient de quitter
alors qu'on ne sait pas nager
là berge qui s'éloigne parce qu'on remue de trop
trembler de confondre les caps
demander conseil aux étoiles

Grande Ourse effacez mon sillage

frissonner de s'être égarée et l'ancre retient le radeau
mais soi on dérive dansant dérive et demande grâce

prier les vents favorables
de tout son souffle






cache cache

hôtesse d'un Chaos j'allongeais ma carcasse
mais le sommeil ne me trouvait pas

perdue dans un jardin de supplices

j'appelais éraillée le temps
qu'il fasse à rebours ses culbutes
vainement

hier j'ai mâché mon enfer et leurs peaux ont quitté la fête
sans un baiser lui le complice
ma bêtise étale en tapis les pieds pris - tombée sur une dent
la bouche gonflée sang amer-

le vin a décorné des boeufs et lamentable lamantine
syrène des dessins colorés rincée au citron je désastre
mes nuits à venir prometteuses

le rire de moi ne me vient pas
ma bouche trop blessée pour sourire et le sommeil
qui ne me trouve pas embusquée dans mon chagrin

pitié pour les lamantins !
qu'ils disparaissent avec le temps que fit hier mon courage idiot