vendredi 18 mars 2011

with meticulous care



Votre homme
Votre épousé Votre terrain de chasse
gardé barbelésé Votre os à ruminer
Votre montre-bonheur Votre amant composé
Votre engin à transports bourgeoisement brigué
au bras duquel collée vous allez en public

Votre homme épargnez-le faites-en confiture

empotez-vous l'un l'autre
préservez-vous du crime
enchaînez-vous toujours
décapez hygiéniques
Vos planches de salut
nettoyez la boutique
de Vos affaires conclues
remisez le mensonge
au placard des folies
protégez-vous du songe
bornez-vous d'avantage
éloignez-vous encore de l'inouï
du futile de l'obscur
de la clarté sauvage

et surtout de mes crocs

Faraude
le captivant en vos rets d'égérie
et lui
fil-à-la-patte
encagé volontaire
criaillant tiraillé
protégeant ses arrières
ensemble vous érodez l'insolente splendeur
des noces illégitimes
où lui et moi parfois la nuit faisons ripailles tout éperdus d'Éros
de curieuses retrouvailles
et des à-bras-le-coeurs
sorgues de ribouldingue
des scandaleux ébats
s'épanouissant sauvages en étreintes secrètes
étrenne buissonnière
des crânes tête-à-têtes
excessifs abandons
plaisirs des hauts brûloirs
plus vifs que l'alcool plus profonds que vos soirs
casse-gueule voluptueux sources de chantepleure
troublante ivraie tressée en bouquets de couleurs
d'où fusent des soupirs arrachés à l'ennui
libres accords au corps ailé de mon grand lit
où, inerte, en sautoir mon coeur se résilie

tout deux d'être bâtés vous me gâchez ma fête

et je jabote en vain au bord de mon chagrin
la tête près du pied pris aux flancs de Votre homme





le boutiquier et la belladone



À défaut de caresses donnez-moi bene
diction Le coeur anxieux me presse porté
haut sous la toison

Le désir jamais ne paresse et s'impatiente du printemps
Je balbutie des SOS emphatiques En Bourgeon j'attends

Mais j'éclaterais hors saison si vous ne me portez pas secours
et je serais fleur de poison tant j'embaumerais d'amour
vos petits quartiers de réserve




distraction dans la ménagerie





elle se couche par écrit
contre l'homme qui lanterne à rêver
dans ses ténèbres abandonnées

d'épileptiques tambours
scandent l'air aride et secouent
le silence crépusculaire
ce sont ses jambes longues systoles
diastoles à l'heure du hibou

tout un monde leur gît à l'entour
persistant malgré l'éphémère
et clandestine harmonie

talentueux danseur d'horizon
trois pas! claquent les vertèbres
elle s'éveille moelleusement
au bal sous un ciel de chair

elle se couche par écrit
contre l'oubli tresse des traces
que d'un baiser, absent, il efface

ses souliers aux quat' pieds du lit



福島県



l'âcreté soudaine du thé vert
la terre affrétée pour l'enfer
Mon enfant scrute ses mains vides




jeudi 17 mars 2011

le rêve d'impatience que je fis cette nuit à 12 arpions la ligne





Vous ne comptiez plus le dépassement horaire;
la fracture de l'aube se refermait d'elle même
ou sous le baiser vif d'un serpent bien pendu
de langue et d'écailles, tapi sous les talus
de nos draps repoussés tout brodés de Je t'aime.
Éberluée d'amour, moi, je vous laissais faire.
Je soupirais aussi. Ineffable tendresse,
assise sous la nuit où nous avions tenus
debout le siège des voluptueuses veilles.
L'harmonie! L'harmonie armoriait nos oreilles!
Jachère des corps ravis que rien ne presse.

Le jour ne froissait plus les jambes de ma course
éreintante contre le temps passé à vous
éprendre en vain, vous, volage. Et prête à courir
le lièvre rusé des lunes épinglées,
sautant crevasses,failles et fossés, pièges,
bondissante, hors d'haleine, vive à mourir,
je débondais mon coeur, en singeais la cadence,
les pieds foulant le sol dans une folle danse
pourvu que d'arriver à vous avant l'été
du mépris. Mais trop tard! Dès la saison suivante
le fabuleux amant choisit une autre amante.

Quand sur le bas côté du rêve itinérant
ayant repris mon souffle, appuyée au couchant,
et chevelure défaite, coeur défaillant,
débauche de baisers s'éternisant aux lèvres,
j'aurais pu un instant me reposer des fièvres,
je m'enfuis! Endolori Poucet semant

les ongles et les dents des monstres que j'élève