Affichage des articles dont le libellé est catastrophes. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est catastrophes. Afficher tous les articles

mardi 24 septembre 2013

retour de catalepsie







Je n'ai pas pris le temps de soulever le monde. Et c'est dommage. 
L'âge s'est avancé sur moi, et je n'ai pas bougé le pouce pour soulever le monde. Je m'en veux un peu.
Le soulever, je pouvais : j'ai une langue.
Mais c'est que le monde a été plus vif que moi.
Il m'a soulevé le coeur avant. 
Le monde pourtant n'a pas de langue : il a certainement fait usage d'un autre organe pour me soulever prestement le coeur.

Je suis si légère, alors mon coeur ! Imaginez : mon coeur n'étant qu'une partie congrue de mon insignifiante anatomie, il n'aura pas su faire le poids quand le monde s'est entêté à le trousser. 

Sans tête, je suis plus chiche encore. C'est simple, le coeur et la tête pèsent chez moi - si on les totalise - autant que le postérieur additionné au reste, foie compris. 
Aussi quand le monde m'a pris de vitesse, question soulèvement, je n'avais plus qu'à poser mon cul sur une chaise, et à mettre ma tête entre les mains. Comme ça.
Et c'est comme ça que je me suis endormie.

À force, évidemment, l'ankylose m'a saisie. J'ai prêté le flanc à toutes sortes d'attaques, étant désormais incapable de me montrer agile. Et j'y ai laissé ma peau.
Ne me reste de cette confuse bataille que ma langue.
"Ma langue dans son palais baignée de ma salive sous le créneau des dents."
C'est ainsi, en rêvant à la langue qui me restait, fidèlement, malgré les assauts et les offenses, que je me suis souvenue de mes dents.
Mes dents ! Ce ne sont pas seulement mes os que j'allais prendre soin de ronger désormais, mais les barreaux de la chaise sur laquelle j'étais assise, et peu à peu, grignotant alentour, l'entièreté du monde, comestible ou non. C'est ainsi que j'ai englouti le monde, à défaut de le soulever, et que je vous parle d'un pays que ni vous ni moi n'avons encore inventé.




mercredi 7 septembre 2011







si je devais ajouter quelque chose, ce serait :
les années de chair claquent 
et les chats se raréfient parmi les ruines décoratives
entre les strapontins de pierre
et les corridors glacés d'ombre


nous ne pouvons plus rien pour les yeux sans paupières désormais 
que les gamins tenaient ouverts 
en défi au soleil pendu









samedi 17 avril 2010

Cassandre joue à la marelle

Si vous n’y prenez garde
A vos enfants

Si vous n’y prenez garde
Un jour
Un animal musicien à queue de poisson emmènera vos enfants
Et, dansant joyeusement au son de sa cithare, ils iront patauger
Là où l’on n’a plus pied.

Alors on surveilla les enfants
Comme peste. S’ils venaient à attirer dans leurs sillages sauvageons
des musiciens à queue d’ poisson…

dimanche 14 février 2010

Sept personnages. Deux accessoires. Décor unique.





Un type qui donne une pichenette dans une roue et des hamsters aveugles qui trottent plus vite encore

L'arbalète chargée dans le dos de l'homme : c'est lui qui l'a placée
Lui-même
et rien absolument ne nous garantit que cette leçon d'équilibre
finira bien.

vendredi 12 février 2010







Au moment Même où je commençais à pouvoir raconter des histoires
je me défilai.