samedi 26 mai 2012

l'oeuvre de chair de X-Bontemps, - extrait







(...)




Alors elle détourna doucement son regard, et se dressant de tout son long qui était épiquement court, elle rompit enfin le silence : "- ah, moi, savez-vous, la vie, je la veux représenter telle qu'elle est : brouillonne, grouillante, confuse, copieuse, suffocante, mortelle, crue. Je veux le coeur couché sur l'étau, les mains assises sur le ventre, le souffle obscène, la chair au quintal. Je veux le pistachier, l'abricotier, le grenadier, le cornouiller aux gerbes rouges, le saule penché plus que caresses, l'églantier qui m'offrit au jour. Les fleurs, toutes les fleurs je veux: brassées, bouquet, vertes gerbes, festons radieux, guirlandes, couronnes et javelles ; herbes coupées, fougères, sous-bois, clairières en rosée, ronces, ivraie, médecines dans le brouillard d'aube. Et toutes bêtes je veux, et je le veux, lui, bête parmi les bêtes, se moquant éperdument de moi, champion des saillies radieuses, m'as-tu-vu des orgues roses, infidèle forgeur de soupirs et qui ne laissera sur la terre qu'un désir prodigieux et le regret d'un froissis de drap. "
Puis, ayant ainsi affiché son goût pour les longues soifs, hors d'haleine, mais ivre de songes, elle clôt sa bouche et se recoucha. Plus loin on pouvait entendre l'hymne d'une société folle entonnée à lestes gosiers. 

La nuit défilait sans pareille.

Personne n'y trouva à redire.





(...)












mercredi 23 mai 2012

ressac




pour écrire cette nuit
j'ai pioché une bonne idée
dans mon lit

mais dans le lit
y'avait aussi un bon ami

et l'idée bah!
j' l'ai oubliée



chaleur






La montagne court au mitan
du ciel brillant

par la fenêtre
qu'on ouvre pour se rafraîchir.



















délinquances juvéniles




On tance vertement mais
comment danse-t-on
dans les campagnes transies l'enfant qui
rougeoie à treize ans
à peine




Deux fois plutôt qu'Une




c'est l'animal blessé



se terre



ravale ses gémissements



fait silence





des inventaires








je suis la maison qui s'écroule sans étais












je balance des noyaux en rêvant de pécher
par dessus mon épaule mordue par un soleil
pendu au ciel vidé















loin des troncs









Prenez
grand soin et soif de vous

Laissez courir les fleuves le long de leurs chevets
et penchez-vous sur moi
en vous tenant aux branches du saule répandu

je ne grimpe plus aux arbres que coupés bois menus










07













Sortir  possible.
Et rentrer  possible. Le ventre possible porté
devant, vide - un ciel! -                                mais habitable.