mercredi 2 février 2011

déshabiller un mormon






n'entends-tu pas fils de sel quelqu'une grelotte sur ta route

- six sept pas à rebours, tu me reconnaîtras-

au dessus de sa tête un toit

celui d'un pavillon d'octroi
et le désir
de l'habiter
et le désir
de démolir

je me tiens souple dans ces murs qui me séparent des grands chemins
des grands prés des grandes personnes
j'y invite mon enfant
quelques amis que je ne trie
sur aucun volet
les huis sont carrés et simples
on y passe des victuailles je ne souffre pas de la faim
on y entre ou sort sans permis
seule j'ai les chevilles empêtrées
et l'immobilité me condamne
à sentir la mort doucement gagner la chaleur de mon sang
à regarder les hirondelles ne pas revenir semblables
leurs filles sans doute et redoutables
les nuits solitaires se poursuivre

à reculons
avance

et couche toi sur moi
quelque soit l'heure du jour
s'il faut ne plus entendre grelotter celle qui est aujourd'hui encore
toute à la joie
au point
dément de te chanter une chanson
ou
de déshabiller un mormon



mardi 1 février 2011

l'unique jeunesse contagieuse

toujours ta langue dans ton palais où nul tyran ne règne
claquées aux roses parois des bulles de salive éclatent
sonnez canines et la gorge se déploie
quand les drapeaux sont en tissus
le thorax bombe et presse
estomac côtes sexe foie muscles des jambes et des mâchoires
talon coup de pied inouï effarant la rue assoupie

à tes côtés et tu ne les connaissais pas hier
chacun sa langue dans son palais où nul tyran ne règne

les bouches lavées qui se font turbulentes
essaiment des tirades à dévoyer les dieux
et déploient sous les ciels de cornes qui pesaient
des décennies de verbes englués
oui, jaillissent des limons des gerbes espérantes
les pieds suivent la voix
on danse sous les mots

le courage est un chant
ivres de nombre
des femmes et des hommes que la faim remisaient
à l'indécence se livrent ouverts aux rues


agonise le tyran
turbulente est la rue qui retrouve des pieds
et des mots pour danser

le peuple profilé fait face, nuit égyptienne,
un Delta titanesque va dévorer son vieux.
Que les femmes en premier s'attablent ! Puis au partage.

lundi 31 janvier 2011

mes rêves épuisants

qu'ai-je à faire avec bonjour qui pince les joues
la bonne camaraderie jamais débraillée
le cheveu enlevé par le vent un'fois l'an
ou dans les nuits sauvages qui ne durent que 8 heures

qu'ai-je à faire avec les espoirs clinquants les désirs repus
le film du sam'di soir les nuits serpillères
les filles lisses et saines la débauche convenue
les excès de vitesse dans le cadre des lois

qu'ai-je à faire avec le scrupule pour autrui
l'âge que l'on pardonne les morts que l'on aime et enterrés qui ne reviendraient plus


trop à faire
mes fantômes chéris me fixent des ailes
j'ai l'omoplate homologuée pour le haut vol j'ai
le sang rouge
la langue vive qui bat les flancs boueux des rives
où l'on précipite capricieux
des enfants
je les rattrape la nuit durant

et sous mes ailes déployées avec eux la lune lovée
cuit un pain délicieux
qu'ils dévoreront au matin


le grain

"La douleur fait caqueter les poules et les poètes"
F.W.N - au jeu des initiales, vous fûtes dilettante.



levons un toast muet

c'est une vasque taillée dans nos chairs
le silence accroupi pourrissant
prolifère en levure riche d'heures avenantes


des paroles prêtées ou promises sont égarées sous le pommier
où nul somme n'est permis

Assez bu! désemmaillotons-nous : aimons-nus
rien en vue que la nuit incrustée de mensonges



"demain j'écrirais bien quelque chose - si le coeur m'en dit !"
elle quitta l'écurie le gésier déconfit regagna la bass'cour
le coeur abasourdi soliloquant d'amour