drapée d'une flamme tricolore nue en dessous
plus nue encore que bien des corps qui sont dessous
mais n'allant plus
du tout
drapée d'une flamme tricolore je vais
ma maigreur d'impatience
et je n'attends plus rien des villes
où s'entassent dessus les ingéniosités humaines
les fruits de l'insolence
et dessous strates de silence papes poseurs de pavés
redresseurs de clous justiciers en os passants du temps tué
à force
de science
et de beauté
tous dessous nus -des vers!- comme va nue
l'aube qui me remonte à l'estomac chaque matin
accordé
j'attends du printemps qu'il fasse
son boulot de rénovation
nue donc sous l'orgueil du lange national
traversée des pensées de ma langue natale
regrettant le commerce de la tienne
triomphale
sous l'arche du jour harmonieux qui m'inspire
des pensées de chair rose aux pétales onctueux
je vais et le chant d'abondance crève les voûtes
perce les tympans des colonnes aux pieds desquelles
rêveuse par dépit je pose mon front barré d'ans
d'un coup sec
recherchant l'oubli dans le mouvement rond de la hache
et dans le choc mat et précis
on a laissé pousser n'importe quoi dans ce pré-là
mon amour, - je peux te dire
mon amour sans que l'on m'arrache les yeux ?
ce n'est pas du marbre, le vent.
mon amour voulez-vous de ce drap, nous y étendrons
des ébats qui
enseveliront les chagrins ?
Et j'irais nue
dessus
plus rien.
Quand la nature me fera-t-elle la blague ?