samedi 30 novembre 2013

7 jours plus tard



j'ai rapporté tout mon article
dans l'emballage d'origine
rendu les baisers donnés

sans condition  accepté
le colis farouche
livré



donnez-moi le mode d'emploi
pour retourner à l'envoyeur






"nous ne pratiquons pas de politique de retours"





dans un verre de whisky
je me suis vêtue d'étoiles

puis nue
j'ai bu à ras bord ta bouche
prêtée de nuit
sans garantie




trois


j'ai une amie
mais d'autres aussi

j'ai une amie

deux hommes y dorment
l'aimèrent femme l'aiment femme et qu'elle cherche
dans ses nuits

j'ai une amie

quand elle a nettoyé la maison le seuil la rue et le grand monde
de la honte
qu'elle ose aimer deux hommes - sa langue pleine de caresses
les remercient

s'étreindraient - ils ces deux amants s'ils savaient les baisers qu'ensemble
ils reçoivent de mon amie ?



be a poem - man








the men
who
touch me
are used for
writing
poetry

vendredi 29 novembre 2013

Crue - Décrue - Hâpy song






parfois ça me cuit


une rivière d'Ouest filée au large
delta fertile noirs limons  j'ai appris ça les vases utiles
riches dépots 
verts baisers d'aube  rose érosion

les ajoncs mûrs rayent la peau
mais la lumière danse et polit

caresse d'ambre dans ton lit

parfois peu me chaud





Hâpy ne veut pas dire heureux




là enfin l'embellie




ton lit n'a plus                 que la forme de 
                                                               nous


aiguilles de son temps tournoyant dans le noir
au centre nous brûlons
tantôt une lenteur de paume coulée de miel
tantôt rafale folle roulis ravageurs



puis la brise
immobile
ton souffle
sur ma fièvre



tes mains sont des fougères ma peau mousse de joie




qui parmi mes amis dont les yeux sont ouverts
qui m'aurait pu prédire l'amour au coeur des bois ?




jeudi 28 novembre 2013

sans filet





on attend un baiser
un autre
on est suspendu au ciel

on sait qu'on ne tombera pas

on attend un baiser venu
déjà
on l'attend on se le rappelle

on ne regarde plus en bas

j'attends un baiser
un autre
du haut de ma balancelle

je m'élance j'en oublie mes ailes



enfin
je tombe dans tes bras



promenade pour K






ciel ciel ciel 
sept fois 
et ma langue 
soigneusement suspendue  
au palais
attend que le temps passe
- il ne fait pas de bruit
ferm'la porte derrière lui,
je reprends :

animale - pas rongeuse mais encore sauvage
l'animale songeuse s'assied un brin sérieuse sur le galet laiteux et rondement roulé
énorme au milieu de la vallée 
laiteux mais marbré de mousse 
on lui en a parlé du galet
- mais sait-on ce qu'une animale comprend de ce dont on lui parle?  -
- la voiture filait vers la mer qui ne se démontait pas pour autant, je reprends :

et, l'animale, étonnée toujours du soleil le matin, à qui tout fait cadeau sitôt que ça surprend,
face au miracle. - Pourquoi pas ? 
Si à ça on ne croit pas, pourquoi reviennent les hirondelles ? Je reprends :

N'y assiste pas, au miracle
le miracle c'est ce qu'on fait d'elle
'croyait plus que ça battait là dedans à la vitesse d'une fusée
et que ça s' laisserait encore une fois apprivoiser
(les héros étaient tous descendus, jeté l' torchon en maillot d'coeur,
étaient allés grouiller en famille, s'étaient retrouver des maîtresses des laisses de saines broutilles
ne couraient plus les bois avec elle ou s'ils venaient trotter sa sente, elle se transformait en caillou)
Je reprends : 

oh ici juste lelong du dos et qui en fait le tour aussi
et repousse la peine 
lisse la paume ouverte et les bras devant
se croisent à se croire vivants
la mousse éblouit si on la laisse éblouir
les fougères bondies s'emmêlent et embaument
- on se peignera demain - je reprends :

il y a mieux à faire
lentement
elle ne sait pas seule s'aimer
ni ne pas aimer qui lui plait
alors, il est venu par un chemin tout droit
un peu poudreux - sa route est longue
un peu fourbu
pas plus épuisé qu'une fontaine même s'il croit avoir tout perdu
- pas besoin de grand'chose pour aller là où elle veut aller
avec lui, l'animale
et l'homme
ne s'imaginent pas neufs
mais sera le premier sans descendre d'un pied d'estale 
un ni chasseur ni bûcheron
juste chaussé de ses orteils de 7 lieues
venu par un sentier tracé
par lui au hasard du nez
les champignons mêmes, par poignées, surgissent de le voir passer
certains rient (il faut se pencher pour voir rire un champignon, ils se penchent
repencheront - je reprends :)

et sur le galet elle tremble l'animale écoute et tremble pose un baiser
sur sa bouche 
baiser plus rond que le galet
et lui prend le baiser le troue d'un coup de langue 
et il s'en fait un collier
qui portera bonheur
s'il doit rencontrer
d'autres bêtes de cette forêt
ça lui sied, ce baiser au cou

elle a très faim mais elle sait vivre
alors elle ne lui dit plus rien