vendredi 30 janvier 2015

à deux pas du chapiteau




scier la lune c'était notre lot
son menton dépassait encore
d'un pouce mais c'était de trop

l'Académie des Sciences s'inquiète comme en d'autres temps
pour sa barbichette

et je ne sais plus rien que nous deux sous la lune
moi au bout de tes bras
et toi les pieds sur terre



il est prudent dans le noir
l'éclaircie en fin de journée c'est une promesse de l'Ouest
il tient toute les promesses
celles qu'il n'a jamais faites
celles des quatre points cardinaux

je lui demande de m'expliquer
et à l'oeil il porte
le compas
fait de ses mains

comme elles firent mon corps dans la nuit

ce soir j'ai fait des crêpes

Pourquoi me demanderait-on de maitriser l'art de conclure alors que je viens d'une histoire à trous ?
Les trous sont des vacances.
Les trous sont des espaces entre deux terres où le désir trouve une aire de jeu.
Un désir qui s'exprimerait sans doute est une aporie.
Les trous sont des manques aussi.
Dans les creux se logent les vies.

L'imaginaire est mon tuteur.
Celui de mon espèce, le mien, celui qui étaie la réalité de la vérité.

Et la vérité n'est souvent qu'un tas de mensonges repoussés. La réalité, une soeur toujours jumelle d'elle même.

La vérité est une conclusion, seule m'occupe sa recherche et la répulsion du mensonge.
C'est à l'endroit de la fiction, ce rêve exposé à la lumière et aux sens, que j'aime mener la recherche. La fiction et le mensonge ne font pas bon ménage.

J'ai bien annoncé tout cela, mais je n'en conclue rien. Ce sont des annonces, comme la nuit annonce le sommeil souvent, et le rêve à coup sûr.