mardi 16 avril 2013

une leçon de choses et d'autres



Veiller est une posture. Rêver est juste anatomique : il y a un nerf rêvaradique qui tanne les neurones nuitamment, - je l'ai lu encore récemment dans les lignes d'une main que je n'avais pas mordue.
Dans l'intérêt de tous et pour des raisons à prédominance hygiénique, d'autres préfèrent veiller bruyamment, et si contraints dans leur posture qu'ils le font savoir, et décrient les pauvres rêveurs abrutis tributaires de leur nature - rêveurs dont je fais partie.
Charge à vous de me réveiller


(je laisse sur la porte la clef
troussez le rideau de fer
glissez vous sous mes paupières
sonnez
sonnez
sonnez)








taper dans les vieux papiers














des vers au printemps dès les premiers bourgeons








Ni riche ni pauvre née sans frein ni chaîne 
née d'un ventre plein puis creux de ma minuscule nudité



un soir offerte un autre et des matins 
                                                          - l'heure des cadeaux n'a pas de préférence
pas de sapin ni de sabots -
donnée à qui tente sa chance



un jour fanée soir malvenu - l'heure des départs n'a pas de préférence
pas de retards ni de tableaux -
je saurai bien quitter la danse

sans frein ni chaîne née
ni riche ni pauvre 

nuE







lundi 15 avril 2013

avoir la paix


se donner des règles de vie




L ‘amour est annulé notamment :


1-  si celui qui aime mange en se rappelant qu’il est en train de faire l’amour, fût-ce peu de chose : par exemple un grain de beauté.
(…)

4- si celui qui aime boit en se rappelant qu’il est en train de faire l’amour,   fût-ce peu de chose, par exemple en avalant une goutte d’eau restée sur ma lèvre.

5- si celui qui aime accomplit un simple geste avec l’intention de jouer du pipeau ou de la cithare - elle est désaccordée depuis la nuit des temps.
6. si celui qui aime hume en se rappelant qu’il est en train de faire l’amour, fût-ce peu de chose : par exemple le parfum du baiser qu’il prit sur ma bouche à l’aube.

10- si celui qui aime hésite entre interrompre l’amour ou ne pas l’interrompre.

comme on cause aux raconteurs





Désolée vraiment je ne peux pas allumer le four parce que de four il n’y en a pas. Pourtant si on laisse la porte ouverte, quand on a un four, ça peut faire guise de chauffage. Et pas de viande pas de poisson parce que de frigo y’en a pas. ça refroidirait, remarquez, pour peu qu’on laisse la porte ouverte -
Vous pouvez rester là, assis : il ne va pas nous embêter longtemps. Il se retourne deux trois fois. Et sa béquille, vous pouvez l’essayer. Quand il dort il ne s’en sert pas. Et il dort presque tout le temps maintenant. On pourrait croire qu’il n’y a personne. Il n’y a que ma tête qui dépasse. Il fait plus chaud sous la couverture. Je suis là. J’écoute. Restez.
Vous pouvez nous relire une histoire ?
Celle remplie de drôles de mots – on connaît le début par cœur :
- ciels cornus, paissez maintenant -  on l’aime bien, elle nous fait rire.

pourquoi ça?





« - Attention !

- Où sont-ils ?

- Penche-toi un peu. Là ! assis derrière ce kiosque, à observer, commenter, conseiller sans intervenir.

- Ce serait donc des Dieux ?

- Non. Pourquoi ça ? »











dimanche 14 avril 2013

ce qu'on crut de la menteuse




une langue comme la mienne

                          avec les messieurs bien
rapeuse poisseuse rose indienne
                          avec les messieurs sérieux
                          qui tiennent debout sur leurs principes
                          et ne promènent à bout de bras
                          que de présentables gâteaux
une langue pirate dénicheuse
de trésors une soul'veuse
de rochers une caressante
boit-sans-soif une langue
capricieux rabot
une douce insinueuse
                          avec les messieurs taiseux
                          voilés de nuit pour la broutille
                          avec les graves mi-centenaires
                          désolés pilleurs de Cythère
                          sitôt enfuis dès qu'elle les siffle
                          au centaure préférant l'anguille
une langue comme la mienne
                          avec les messieurs trop bien
chargée de formules naïves 
cajoleuse enragée légèrement lascive
ça ne vaut rien

elle est faite pour les vauriens

cric-crac chéri ne craignez rien





21 mars 2011 10:27:58