mercredi 30 mars 2011

d'oubliette





la rime a la bonté d'un singe qui me siphonne les méninges
avec une ventouse rose

je m'appuie sur ses expédients pour vidanger l'impatient
coeur corné de cellulose

qui bouche mes ouïes et mes huis battant grands champs au corps enfoui
ourlé de prose

l'oubli s'impose




mardi 29 mars 2011

mais dors et déjà




le chagrin a deux grandes mains, deux grandes mains adéquates.

Vous m'aimâtes à angle droit, à angle droit vous m'aimâtes,
et douce m'est la pensée qu'entre vos bras, vos deux bras,
ma carcasse ivre de vous jouissait d'os et d'âme, jouissait.

Et cadavre futur, vous à moi, et le tout réciproquement
je prends le soleil vigoureux, les audacieux vents en courroux,
les cornes argentées des mers, l'onctuosité de la boue,
les gorges embrassées des détroits, les bêtes qui rouges pépient
beuglent, rugissent, rouilles ramilles, grands gibiers séducteurs séduits,
éclats verts des bois d'écorchure, verbes perchés des cétacés,
batraciens gonflés d'amour, dédain des nuages tourmentés,
rivières, jacassants ruisseaux, fracas des rochers, je prends
les chemises ouvertes sur les poitrails rayés de venelles,
la balafre de l'horizon, les tâtons d'enfance, les entailles
des huis dans les maisons closes aux chants et aux tasseaux de rire,
les lèvres cireuses des défunts et les larmes des amoureux,
je prends tout ce qu'à portée de lèvres je peux contenir de stupeur

l'avenir tend sa bouche aux âcreurs des tabacs, baisers volatiles
le chagrin me prête ses mains, ses deux grandes mains imbéciles.



lundi 28 mars 2011

dans le corps du texte





je ne vais plus comme
je vais bien dit la femme bue
c'est de l'Opium et les trains fendant les prairies électrifiées
ondulent en volutes hors des rails collés à la peau des paysages
les sanglots agenouillés après les chambres d'escapade font de poissonneuses rivières

écarte-toi ne te penche pas au dedans ce n'est plus toi que l'on fête
il y aura d'autres séjours avec transports gratuits et petits déjeuners
compris je ne vais plus comme je vais
bien dit la femme et ses mots font de la buée tant le petit matin de Mars
encore est frais en bord de rivière



condiments

le printemps indiscret démasque les amours
l'océan est un frère embrassez-moi encore

l'histoire fut celle-ci :
l'homme et sa demi celle qui lui fait partage de couche et de pensée allèrent puiser au puits l'eau pour leurs ablutions
leurs suées post-passion
leurs purges de vessie

Trouvèrent le puits rempli Puisèrent goulûment
s'en lavèrent Contents
oui Contents

Se recollèrent au lit
eurent soif de nouveau c'était couru le bougre est endurant pardi!
refluèrent du pageot lonlère
au puits

le gobelet rempli ma mie trempe tes lèvres
Pouah! la trompette crache et maudit la fontaine
À son tour dans l'eau claire il humecte les siennes
grimace mais reconnaît
le gros sel de mes larmes

le puits déborde presque
le printemps a pleuré
je suis outre abreuvoir fontaine de mes flancs
mais ne viens plus y boire au delà de minuit
j'ai saveur d'océan