samedi 22 janvier 2011

vous





Bien fait de sa personne Deuxième du pluriel Qu'en étreinte on tutoie Pour

réduire la distance Le premier dans les bras À parcourir la peau De la nuit dispendieuse





vendredi 21 janvier 2011

se frotter à

mangez un vers par jour au moins


même mauvais



tant qu'il n'est pas racorni








je le sais qu'il y a des croisades. Le casting est fini : on va pleurer du sang. Alors pourquoi ces joutes solistes INDÉCENTES, où jamais je n'épingle la malversation, les états corrompus-repus, les banques ailées, les mystères de la chair étalés au kiosque, les nouvelles puissances où croupissent les pions, la nature étranglée au pied de nos buildings, la mort cotée en bourse, les statues élevées de crétins satisfaits, l'ignorance flattée, la déroute de l'esprit, l'oubli des avenirs, les viles calomnies ou même - occurrence funeste! le mal-usage du Verbe ?

Je suis une île sans pilier qu'arrose un soleil stupide
Je suis la cale décalée d'un galion intrépide
Je suis un totem de coeurs empilés et je suis Han! une femme

aussi la réalité n'ayant saveur que de l'infâme,
Je choisis mes mots com'je veux je les élide à ma guise
Je les grossis en parturiente. Femelle, voyons, je les tente,
je les défais, je les accable de reproches, je suis leur image. Je m'approche
de l'abominable pommier. Je prends les mots pour des échelles
de fruitiers.

Pas de maître dans mon palais que sa langue quand elle y fond


les mots sont des apéritifs, des jouets coquins, des ludions,
sex-toys galbés sous leur lettrine, ornements foireux à l'usage


Moi née d'une mémoire falsifiée descendante d'un crime menti
Moi née si confisquée, à douter que j'sois née : je colle où je veux mes rimes
j'offre à mes amis des charades. Libres retournez-moi d'un demi
tour, je suis un papier d'carambar découpé dans une feuille d'amour

l'azur hennit ? La lune coule ?
le brame est un coureur de fond ?
On fiche des plumes aux cratères?
Mes galants ont des os luxueux ?

la langue dont je fais exercice n'a qu'à se muscler un peu,
près de mon lit dorm'deux haltères : qu'elle se mesure à mes chairs
dont un sourcier inconstant tire des sons indicibles



pas plus à moi qu'à vous qu'à eux cette faculté décisive
je gâche je brade je cochonne l'ultra nec plus d'l'humanité





Mais chanter...

je vais en causeuse invincible mon petit bonhomme d'abîme.


mercredi 19 janvier 2011

la complainte de la funambule



(1ère chanson des métiers à risque)




j'ai rien à faire dans la vie de celui
qui a tout à faire dans mon lit

ou ailleurs

le fil au ciel c'est Pardi
mon gagne-pain mon pèze-radis
mais pour la saine fantaisie
moi, j'aime aussi l'acrobatie



celui de juste avant minuit




(exercice de style ampoulé
aux pieds d'avoir vers vous marché
longtemps longtemps...)





la science des cartomanciens
je ne la connais pas plus que vous cher ami le chemin
qui va de Paris à Cythère
je suis remontée des enfers j'avais semé des cailloux

pourquoi lâches-tu ma main toi qui m'aimas bien

mes pas fidèles aux plombs des siens
m'ont entraîné au bord des larmes
j'ai plongé, fleuve souterrain où le cliquetis des armes
que brandissent les flibustiers qui peuplent ces égouts sauvages
semble le jumeau d'une source où boire rieuse cette jouvence
dont j'héritais à ses passages

flibustiers, chantez! et ils chantent
qu'il est cruel le chant des hommes
dans l'ombre dénaturée des caves
qu'elles vibrent violentes leurs voix
ces graves cordes qui m'enchantent
et leurs lyrics à la gomme
et leur griserie à la noix

le chant des flibustiers :
la poudre de nos fusils
pillons les étoiles
la poudre de nos fusils
fait pâlir la nuit!

plus d'un raccourci
amis faisons voile
plus d'un raccourci
mène au paradis

prenons-la hardis
à rebrousse-poils
prenons-la hardis
la voie des maudits

écumons les plis
que le vent dévoile
la mer alanguie
sortons-la du lit

ouvreurs de bris-d'huis
rincés au gasoil
ouvreurs de bris-d'huis
détroussons l'ennui

le gosier ravi
sus aux idéals
le gosier ravi
par nos eaux de vie

contre l'insomnie
entr'hommes et au poil
contre l'insomnie
chantons mes amis


sous l'eau sais-je encore respirer
la tiédeur du corps qui m'escorte
nagez moins vite plus près restez! et la froidure des fonds marins
engourdit ma chair alarmée
profonds se diluent mes baisers

pourquoi lâches-tu ma main toi qui m'aimas bien

c'est le corail dentelle de lames qui saigne à blanc mon rouge amour
les traînées roses ondoient autour
de moi sirène de piètre frime
ma bouche est close et sur la rive déjà
mon ami versatile
une autre femme vous cause en rimes

ce sont les adieux lapidaires
quand les nuits s'étalaient copieuses
mais vous ingénieusement
confiez à mes flancs offerts
une large entaille pense-bête
et le désir se love dedans
et le lacis d'extases joyeuses
répétées des années durant
et mes propositions malhonnêtes


sorcières ! marraines! démons des flots
hissez-moi les jambes coupées
ricaneurs 'fallait l'dire plus tôt
que tu ne savais pas nager!

mais sur les berges ciselées
mes amis!
l'oreille collée à la bouche du fleuve assassin
tiennent bon la barque amarrée Je suis là ! Et vive ! Vous vivants
Ils ont en musettes des gambettes
armées de bas et dans la gorge assez de voix
pour me crier Hourra! je ne demande plus rien
mes écailles je te les envoie
des étoiles de nuits à la tête
je marche sur les eaux muettes
et ne te demande plus rien
à toi qui as lâché ma main

toi qui pourtant m'aimas si bien














mardi 18 janvier 2011

encouragements




Ouiii
C'est bien
ce que vous faites
Continuez



Mais
Ailleurs






lundi 17 janvier 2011

pour l'aube d'un demi-siècle







Je t'aurais bien offert une nuit mais qui m'aid'ra à l'empaqueter Le bolduc frise au coin des bouches Je maltraite le papier cadeau Je suis prête et la nuit approche Je brandis un'paire de ciseaux Je tremble à peine Oh! si émue Je compte les jours sur mes orteils les fériés leurs nuits et mes veilles Personne pour me seconder Et peu importe l'emballage la nuit Cette nuit si tu veux Je tremble un peu Oui! si émue La nuit je te l'offrirai nue
















vraisemblable ne prend qu'un S

et ma robe de chiqué serpente sur le valet
le courant de l'air frais qui roule le dehors emporte
mes bas verts de gris désenlacés de sorte
que les jambes nues du jour dansent à mon chevet

je reste sous les draps agrippée à la nuit
où de ses mains profondes hier il m'ajustait
je garde sur mon ventre un essaim de baisers
en rêve chapardés à sa bouche distraite

Dépouilles levez-vous j'ordonne aux oripeaux
les lents soupirs de l'aube embuent l'astre qui verse
et dessine sur la peau nue des stries où je paresse
prison du long désir aux volages barreaux

je ne bougerai plus j'attends qu'on me rhabille
de ces années perdues à feindre la patience
que la chair se disloque que mes os craquent raides
et que ma peau s'empâte et que mes crocs s'émoussent
et que la pourriture qui nous gît en naissant aille coloniser
en cercle ma devanture
je ne bougerai plus j'attends qu'il me rhabille

et ma robe de chiqué serpente sur le valet