vendredi 11 mars 2011

pas plus qu'une hirondelle ne fera le printemps




Un homme sans ventre saisit une plume Elle n'a pas promis l'oiseau le grand ciel les trombes lancées contre la nichée camouflée aux branches les requiem vespéraux Rien.
Comme il a des mains pour saisir et dessus plantée la cervelle
l'homme croit posséder des ailes
sitôt qu'un peu d'encre lui suinte
et qu'il est des nuits blanches à noircir
la muse calée sous l'aisselle Il aligne des mots et des mots

Les hirondelles se regroupent

Sans ventre mais le vent en poupe qui lui fuse par les nasaux
il écrit comme il faut écrire. Ah oui ! il écrit comme il le faut !

Elles s'envolent et reviendront
quand mourra la morte saison



géographies sentimentales






Laval avale
Ô vile ville
le mâle mille
fois ravi en
rêves licencieux
le régurgite
c'est à Paris
et j'en profite
pour faire bombance
dans l'anse claire de mon pieu

Laval Ô ville qui se lit pareille à moi

dans les deux sens






lundi 7 mars 2011

envoi de la lune à Plaisir

Minuit dernier carat le diamant de la nuit
c'est le rendez-vous pris Déhousse le poème
on y couchera nus on y roulera gris
on s'y affairera gratis engloutissant
des fleuves démontés qu'un joueur de flûte emmène
dévoré par les rats et les enfants têtus ignorants du Carême
jusques à l'océan
son pipeau est un os de plus à son squelette
Et tout le fleuve bu, à l'estuaire faisons fête
Souffle dans ton tibia Nous trinquons aux tempêtes
des sinueux ruisseaux de rongeurs et d'enfants




Mardi gras Vaches maigres Dansons La lune est haute
Mes talons font ripaille au goudron duveteux
Quand la rue s'évertue Que les étoiles sautent
des moutons apeurés Que les tapins des cieux
clinquants filent leur bas aux passants ténébreux
ça vient au jour ainsi, et pas de révérence
ça trouve son berceau dans la voix belle et lasse
ça use sa nuitée loin des palais vulgaires
où scintillent les femmes et les chevaux de race
Minuit dernier carat le diamant de la nuit
Prends mon bras c'est ainsi que vont les éphémères





dimanche 6 mars 2011

sa joueuse de tours



J'ai pris le pouls de ses alpages
Faîtes de moi bêlement de transhumance
Perce-neige tête hors des névés
Des pierres de ses ravines la méticuleuse gardienne
La fille d'écho de ses carrières

À force de prières
À force de Que n'es-tu revenu l'hiver n'est pas fini?
À force de briser les glaces
avec ma bouche escarpolette
entre ciel et ciel balancée
j'atteindrai sa cime en été

trop tardive pour les grandes fêtes
un chien m'aura mordu mollets





À force d'encensoir

tu dois sentir si bon

que j'en rougis d'envie

les soirs où je vais seule
dans mes brumes natales


et m'endort le berceau de tes deux bras absents

de tes jambes pesantes et mon bassin de soie

se replie dans des draps que les rêves chiffonnent


Au sortir de mes nuits confuses et orphelines

quand le matin s'ébroue j'attaque de mes crocs

tes fêtes je t'élabore Le jour est une fiole


ça t'embaume de mots murmurés dès l'aurore

Mais la nuit me retombe Les senteurs s'évaporent

et m'endort le berceau de tes deux bras absents


les soirs où je vais seule


tu dois sentir si bon

que j'en rougis d'envie



sans force et sans vouloir



le je nous

C'est la nuit blanche En son creux,
la veille large où fûmes deux.

Vous ne demandez pas : Qui est-elle ? Et qui,
les dieux qu'elle prie si fort à genoux sur mon ventre?
Et qui encore les astronautes qui planteront
des drapeaux d'étrennes sur les étoiles
jaillissantes de ses chairs à peine dansées ?
Leur dressera-t-on des statues, aux pionniers, Lonturlu ?
Vous ne demandez rien
Que le silence après l'amour
Une grande croix rature
la bouche mordue de baisers

Par les narines l'air nouveau
entre La bouche exhale l'ancien souffle
Et le tambour plisse et lisse et plisse encore les plages du râle
ébloui Un soupir alangui se love
salé des larmes de joie qui sèchent au grand soleil-devin
derrière votre ombre
Ogre ivre de silence


Devant moi Allez Mes petits Mes mots doux
Mes insultes retenues Tout
ce qui roule mécanique Mes deux mobylettes possédées qui démarraient
au quart de tour après des hoquets des ronrons
Après moi Vents tenaces qui rabougrissent les vallées craquelantes
Jalousies que la lumière hante
en mille éclats de rais pantelants
Et le sommeil qui tarde tant l'inonde
Motus, l'ordonnance de mon guérisseur,
et ma gueule fermée sur ma langue
pendue au palais cousu



J'ai placé un dé sur mon petit doigt
qui m'a dit lui aussi ce jour
que les plus gros chagrins d'amour
s'emballent dans du papier de soie

Pique pique plutôt que ronge
Rage rapplique au creux du songe
C'est la blanche nuit aveugle
la veille où vaillante je beugle