samedi 10 avril 2010

une cérémonie


des claques ébranlent l'orbe de l'aube sous laquelle j'ai assis mes nombreux amis, ma brève famille et mon chat
tous sont attentifs et certains jouent nerveusement avec mes doigts
les anneaux quittent les phalanges et s'évaporent dans l'air humide

combien attendront-ils encore ?
la patience est une poule d'eau

à midi je plante un clou pour y suspendre mon âme
les souffles retenus écrasent le zénith au fond des gosiers
à midi une une je suis
toujours et inexorablement
petit pain dans leur coeur
mais pas encore

départagée.

Aucun d'eux n'a entamé de discours, et je l'en remercie en silence.
Vous avez faim, j'imagine.
Allons grignoter un morceau.

Nous recommencerons dimanche prochain si
nous n'avons rien de plus pressant à faire.






vendredi 9 avril 2010

ce soir l'équilibre


on souhaiterait ne pas s'étourdir et être certaine que le temps que l'on vit concerne ce souvenir d'amour
les mots qui nous jaillissent, on les voudrait clarté sans trop d'éclat clinquant, ce qu'il faut de lumière pour saturer son ombre, une mesure de mot, la bonne écuelle pour la bonne lampée

on voudrait juste écarter doucement d'un revers le silence qui sépare

on ne voudrait pas nuire à son passé mais sans assourdir l'avenir

on voudrait des clochettes tintinnabulantes en sourdine des paradis miniatures

on voudrait s'absenter en veille
avoir la vigilance discrète des nurses anglaises des romans mondains ou des credo bourgeois

on voudrait se dédeuiller pour ne pas se recroqueviller
mais retenir ce moment de rupture pour ne pas dépasser

on voudrait rester sur le pont
entre la rive qui fut
et celle qui sera

le mieux serait de pouvoir aussi
y danser