vendredi 13 janvier 2012

ou fille ou soeur ou amie chère









  • Encore un mot avant
le sommeil
  • et puis bientôt j’ai l’âge
de la planète éteinte des mots qui me séparent de ma mère

du premier poème

  • déjà je ne lis plus qu’allongée
  • bientôt une vieille illustrée
avec des images et des bulles
  • et bientôt encore plus rien que des bulles
  • bientôt tu me ranges parmi les livres
tes lèvres ne me prononcent plus sans le sel et l’eau



& ...














- qui pousse du talon la gangrène et l'ardeur -

























jeudi 12 janvier 2012

ma proposition












et je grince




Voyons
énervés
si l'horizon s'est levé


lequel ?

vous si soucieux de la boutonnière
extase bleue qu'incendie qui de nous captifs
orphiques
je suis du jeu la grande épouse c'est toi qui montre la porte
qu'elle pleure ! au crépuscule en crise on noie
tous les chagrins grossis du jour où la boule grise
tournoie sans appétit et pourtant oui! sans frein

où trouvent-ils tant de jambes les gens pour courir sous leur tronc
et tant de salive pour déblatérer plein de douleur plein de joie le coeur tout plein
par dessus tête - la seule qui nous restera quand l'âme aura suivi les rats-
les sacs à dos remplis de paille
retapés nourris astucieux - on peut les envoyer trimer
douce goguette

débarrassez-moi d'eux ou je vous fais faux bond
fausse risette


et je grince
-mon sérieux amant que vous fîtes trembler mes entrailles !

" je suis caché et je ne le suis pas!" sise Passage du Désir








lundi 9 janvier 2012

check island





les japonais
ont inventé l'économie du rêve éveillé
tu peux me croire : ils savent balayer devant la porte de la nuit


les japonais peuvent travailler
des heures et conséquemment dodeliner du chef somnolents dans les transports
en commun
qui partagent les îles en travées de rêves. Ils ne perdent rien.
Ils savent que les attend au détour du chemin une faille que personne encore n'a sondée.






il aurait fallu tôt prendre l'avion et porter des boules quiès






sentir un peu moins - visqueuse - l'agrume moisi des coupelles, le jardin coupé dont les tiges pourrissent au gazon gluant et les sentes trempées des bouillons d'automne, l'étang coagulé où plongent des cordes molles sans barque ni pendu, les langues méphitiques aux palais d'anémones





(...)






faire rebrousse-chemin se tapir au soleil et sécher toute la vie toute la vie toute la vie


et pourtant je me fiche de "je" fichée entre l'écorce et le tronc
sitôt que je ne sais plus rapporter dans l'épuisette du jour mes pêches formidables
de la nuit que je partage avec d'infinis poètes morts pour certains, d'autres enfants. Et des amis en cortège de babillards, des images crochetées au cheveux, les coeurs en canon dans les ouïes.



la nuit : la seule qui vaille
la nuit : la seule qui vaille la peine
que l'on se donne à déjouer l'ennui du jour qui nous raccourcit