sentir un peu moins - visqueuse - l'agrume moisi des coupelles, le jardin coupé dont les tiges pourrissent au gazon gluant et les sentes trempées des bouillons d'automne, l'étang coagulé où plongent des cordes molles sans barque ni pendu, les langues méphitiques aux palais d'anémones
(...)
faire rebrousse-chemin se tapir au soleil et sécher toute la vie toute la vie toute la vie
et pourtant je me fiche de "je" fichée entre l'écorce et le tronc
sitôt que je ne sais plus rapporter dans l'épuisette du jour mes pêches formidables
de la nuit que je partage avec d'infinis poètes morts pour certains, d'autres enfants. Et des amis en cortège de babillards, des images crochetées au cheveux, les coeurs en canon dans les ouïes.
la nuit : la seule qui vaille
la nuit : la seule qui vaille la peine
que l'on se donne à déjouer l'ennui du jour qui nous raccourcit