mercredi 3 août 2011

afar







la femme liée à la roue lit dans ma main et d'un clin d'oeil me congédie
je colle un timbre- ma langue longue de naître- et je t'envoie
ma main étanche refermée sur lui
un impalpable baiser

et toutes ces odeurs nues ces bruits verts ces cadences que le souffle impose à la surface des eaux
tu les reçois au matin lorsque l'ombre retient les maisons où dorment encore ceux que
tout le jour ici
le vent a fraisé
sans relâche
tandis que rutilent les montagnes détourées par un ciel fraîchement convaincu
que naître bleu vaut la chandelle




l'heure grecque







les fauves efflanqués me concoctent des nuits arrachées
à la faim

je vis à deux brassées du zoo de Pékin
du persil aux oreilles un foulard sur les yeux

la pierre de la villa où se terre ma chambre
noircit dans la fadeur des heures matinales

pupilles et entrailles papillonnent encore
dans l'éclat larvaire de l'aurore orientale

un moustique m'agace dont les ailes caressent ma peau de tulle roux

mes paupières soulèvent un jour morne après l'autre
des mondes où les bêtes ont bon dos et les hommes
pleuvent comme des tuiles chauffées par la colère
sur le sol endeuillé dont les failles respirent

l'air mobile et ténu d'une journée ancienne

on y marche, le pied lourd, ventouse moelleuse,
vers un temple velu de lichen et d'acanthes
tiédi par un soleil qui donna sa parole
verte aux chairs solides des dieux pleins d'affection