lundi 3 février 2014

où j'avais dormi


Toute proche bruire au pavillon où
si ma langue s'y perd
tu ries
toute proche passé le lobe fouille-tympan gobe-ouïe
   - et tu ries

Mais
à chaque narine son matin
       au grand lit refait la méchante solitude


à chaque jour frais son parfum
ressac d'océan ou de mer si elle n'a pu se faire plus vaste

Approche !

Il vient lècher la nuit précoce levée dans le ciel 
de mon crâne
s'il gagne mes rêves et s'y love
Elle s'émeut à m'entendre taire 
       la nuit
tout ce que je voudrais livrer

Salés mêlés émus transis

coeurs alertes
jusqu'au matin
et le soir
alluvions d'amour où fouir
- juste entre jouissance et fuite -
- mais des batraciens cloués sur la porte
en retour
verts et ors jamais transformés
ni prince ni magicien
ni fée -

alors je retourne dans ta chambre
et je m'enfouis dans ton poitrail



si je le suis




si je le suis
des yeux alors qu'il dort
je ne vois courir que son profil
en pierre d'aube

et si émue
que je n'ai plus qu'à attendre
le cruel réveil électrique
- les yeux me percent, l'haleine s'abrège - je le perdrais
si, pour le prolonger
je n'avais pas tracé des rets d'encre sur la lune
serrés 
serrés les doigts et liés solides pour prier la nuit
de durer au delà du jour