samedi 16 mars 2013

- janvier 13 - le 26 - chansonnette





nos noms ensemble ? Dans l'eau
je les ai gravé : c'est idiot

le coeur crétin sur le carreau

dans la buée : rosace au lasso
si osseuse que nos initiales
ne peuvent y tenir enlacées

peu importe si ton grand corps
se prête à mes jeux éphémères
de temps à autres et que mon corps
efflanqué mais palpitant
s'enjoue aux jeux que tu proposes
de temps à autres

alors cœur : file ! vrille ! passe !
mange dans la main des nigauds!
nourris le chagrin des rapaces
et le feu ardent des frigo

la fièvre rugit sous la glace
danse la pomm' dans son cageot !

nos noms ensemble ? dans l'eau
je les ai gravé : c'est idiot

l'hiver a gelé nos traces
je danse sur le carreau
avec mon coeur en brouillasse

cette buée fleurie de couteaux

à tous les rongeurs de songes






Je ne vous laisserai pas au bord du temps à grande bouche. Si d'autres ne font que gober, ingérer : à vous j'apprendrai la mastication, le lent machouillis des organes, la gencive frottée à l'ail, la canine et l'incisive, loin d'être molles, jamais flottantes, la pression du palais rose, la langue vivace au parloir, la glotte secouant en étendard le verbe cru, l'écrabouilloir accueillant en ostie la prose. Je vous attendrai salive, je ruminerai exemplaire, je mandibulerai espérante. Chacun son temps, j'ai tout le mien. Je n'ai rien volé à personne et je n'écris que des fadaises. À dieu de plaise, elles sont à vous.





“On oyait crier, hutiner, saulter, tellement qu’on était étonné que les voisins le souffrissent, la justice le dissimulât, et la terre le supportât.”







j'ai

mardi 12 mars 2013

5ème feuillet en queue de poisson






ce fut en Potomanie
fleur de rhum crépusculaire jetée sur l'océan surah
j'y retrouvais des amis ou dumoins en avaient tout l'air
le verbe vif et de grands bras
de quoi étreindre mes p'tites misères
des étouffoirs - mais c'est pas ça!
je reprends tralalilalère...
Que ça rime Que ça trime au pas Que ça puisse s'appeler des vers
- de ceux qui n' me boulott'ront pas!


ce fut en Potomanie
fleur de rhum crépusculaire jetée sur l'océan surah
à mon chevet veillait un grand cerf
un cerf ou bien un poisson chat
un de ces veilleurs nécessaires
quand Cupidon n'y est pas
un vivant et je lui chantais
dans mon sommeil
tout bas tout bas
si bien qu'il tendait l'oreille 
le cerf ou le poisson-chat
je lui chantais la chanson apprise au fond dansant de l'océan
quand encore je savais chanter
comme on chante à l'ouïe d'un enfant

et le cerf garde-chagrin le cerf ou le poisson chat
me consolait à sa manière

dans mon sommeil
tout bas tout bas

ce fut en Potomanie 
fleur de rhum crépusculaire jetée sur l'océan surah