mercredi 25 novembre 2009

culbutis du mercredi


que voulez-Vous
je suis si seule
évidemment
je m'acoquine

rien que pour les habits du dimanche
l'acrylique fidèle au modèle
les poignets d'iceux et icelles
le parfum des inconnus
les appâts les appeaux les peaux
pas à pas les papes les pipeaux
les papilles pas encore goûtées
les palais pas visités
les langues que je ne partage pas
les poissons dentus
les cadenas
le plumage farceur des émeus
les secrets ventrus des ébats
les heures passantes nonchalantes
la mue des reptiles les orties
l'émouvant silence d'un Celui
qui fait mes nuits appétissantes

des listes distillent insistantes
un avenir éblouissant
où pêle-mêle faune flore cailloux
chair évasive et chasse-fous
abracadabrantesque fourre-tout
battelée d'amis venus d'où?
se présentent
chacun
et
chacune
et que j'accueille les bras béants



mardi 24 novembre 2009

cher Albert

la terre ne suffit pas à faire taire les morts aux bouches exaltées
Ensevelir
Exhumer

Puis passer par les armes de la consécration
et du plomb sur la plume De l'ombre plein la bouche
Empeser par les marbres et les fastes d'État
Enfoncer bien profond dans la patrie macabre.

Trompettes! Clairons!
Des discours déféqués par des rats
Le play-back d'un pur pour des mâchoires serrées
Une biographie expurgée du Grand Livre
Quatre Cinq citations bien senties Bien enl'vées
Clameurs en manteaux gris Grandes orgues d'honneur
Les tuyaux embouchés Quelques clap-claps de palmes
Pour un homme sans âge l'hommage de vieilles nippes
Entre ici Jeune Albert! N'en sors plus Tais ta gueule
Ou parle par ta voix morte sur le rythme imposé
de la Cérémonie Sers la sauce Débarrasse
le plancher du soleil Emballé c'est pesé.

Tes noces sont achevées Les épis sont glanés
Les escaliers encore Quelques marches Une porte
Un jour un visiteur Il s'enquiert Mais Qui est-ce?

Un gros poisson? Un sage? Un diseur de couloirs?
Un qui roulait trop vite dans la lumière d'hiver?
Un oiseau calciné? Un flatteur de Pouvoir?
Un tapageur dormeur qu'on réduit au silence du Monde.