vendredi 29 janvier 2010

PRÊTE À PORTER







2 MOIS MAMAN QUE T'ES PARTIE ET JE CHANTE DEPUIS DES HEURES
DAME TARTINE EST AVERTIE JE PONCTUE ROCK MA ROBE EST COURTE






oisellerie



Mesdames Mesdemoiselles Du sérieux Pourquoi lui enverrai-je des fleurs encore
les Belles Lettres c'est fait pour les grands voyageurs Les commis d'aventure Les vrais globe trotteurs Certifiés ambulants Les nomades du coeur

Mes galops de jument : errance domestique ! Trois cachets et Dormez Mesdames! On vous supplie Bouffez la valériane Le foin Restez au coin
L'envolée sédentaire c'est deux phrases jolies dites au pavillon de l'oreille du lit

Demeurez au logis Ô mes mots migrateurs Mes rimes exilées Ma poéticaillerie Babioles Colifichets Quincaillerie de femelle Filez à l'intendance Valetaille soumise Et de quoi te plains-tu ? Tu marches tête nue !

La plume est à l'oiseau : mais l'Homme est son chasseur Mesdemoiselles Mesdames Taisez vos échappées Astiquez la vaisselle Les meubles Les époux Convolez en duo et Revenez au nid Plus coites que des oies de prudence farcies


jeudi 28 janvier 2010

quelques heures avant la tombée du jour



La nuit l'homme-lacune dort parfois avec parfois sans
-plus souvent -celle qui ce matin s'est levée de belle humeur

parfois veille

quelle stupeur sitôt que les doigts s'emmêlent
ça vous remonte tout le long du ventre et ça vous baille la bouche
en sourire

aujourd'hui j'ai deux yeux si brillants qu'On a préféré couvrir le ciel
Merci, je balbutie, allez donc tous toutes à tâtons Moi de portatives lanternes me font escorte
qu'il a allumé pour me consoler de rentrer seule si souvent

c'est gentil, je dis à sa libido,
de se pencher un peu sur mon cas récidiviste
ça me fait des vacances de moi-même
& puis puisse-t-il coucher avec toutes ses amies à 75% plus attrayantes
et recevoir la jeunesse en cadeau, qui n'est toujours pas contagieuse
je prends place dans un dirigeable,
je me fais ligotée me délivre saute par-dessus un brasier d'incendie me hisse sur un train
corne les pages de manuscrits précieux traverse une rues un bandeau sur les yeux
j'interpelle un tigre et dresse un dealer en manque
je prends des risques incommensurables
et viens m'allonger contre lui calme un lac suisse
en fusion

je vais faire réparer mon vieil appareil à réglages manuels
& s'il me le permet, une nuit, à la seule lueur de mon désir de lui,
je le prendrais en photo : qu'il sache comme la nuit aussi
je le trouve beau.



mercredi 27 janvier 2010

mémoires intimes


Caressants mes amis me disent
"il y a à n'en pas douter quelque part un homme pour toi"
moi je marche et je vois seulement
la viande à l'étale des bouchers
et derrière l'étale même
les bouchers ne me sourient pas

je murmure devant certaine porte
"Épouse toutes tes femmes ma détresse fais en diadèmes de mariées ma joie
sous tes baisers souliers pour leurs petits pieds deux chacune et ressemelés "
Et personne derrière la porte, évidemment.

À perdre haleine ENFIN
-celle où je gardais captive la sienne- je cours
à rebours du temps qui fait espace entre nos croisées d'abandon
- je sors de mon bain d'oubli-
et la buée aux vitres de l'auto se fait si épaisse
si épaisse et dense
qu'il faudrait plusieurs jours pour la traverser
je ne me demande plus ce qui arrive
l'homme est assis Ne conduit pas
alors nous préférons demeurer
à baiser dans l'automobile

c'est du temps gagné sur l'amour engourdi des gros mangeurs de viande.