jeudi 24 février 2011

la réponse au silence






et mes chagrins bien ordonnés


rangés dans des chemises
de nuit




























puisqu'il faut partir en colère






je ne partirai pas en paix

bourrelée du regret
qu'il reste après moi sur la terre
tant de crétins et de laids
pour toujours éloigner Cythère

de ceux que j'aime ou aimerai

















tous les mots me sont à charge
femme légère
je ne pèse que ces syllabes que bouche baise








qui crie : tout poème est présent ?





à toi

à qui de mon vivant moi vivante
à toi vivant offre
les aveux vibrants
des cordes et des jambages
à en emmêler les segments
à toi l'infini rouage de mes inutiles enrouements

de mes contretemps le tissage
à toi le don de mon présent











la fonte des glaces






je ne suis pas seule il y a mon ombre aussi caressée
mon ombre inutile au printemps !








sous l'arbre un chat







la geisha dans les branches le lichen de chants verts
et les queues de poissons séchant aux cordes lisses











mardi 22 février 2011

l'enfer inoffensif





geisha parfaite perchée dans un arbre persistant
attends la saison des récoltes

et tombe de la branche brodée du ciel
qu'empile la terre à nos linceuls
branche haute branche nue d'où jamais tu n'aurais dû
descendre


là où carrossés des corps de zinc roulent puis stoppent et soupirent

aux bas fossés
la nuit

et s'éveillent matin
en cendres









37 pas de fourmis









vous aviez planté une femme puis une autre en poupe
des avertissements afin que je ne retourne pas
sur mes pas
pas plus qu'Amour ne prend Désir en croupe
bête de somme au petit-pied plat




le même chaque fois






et les hommes s'attachent des sandales
de papier piétinent les parterres froissant les fleurs lascives
et lisent cruels à mes reins des navets démodés où ça cause
de bonheurs potagers

il a gelé cette nuit







la naïade du premier plan et ce qu'en firent les faiseurs



Le désir tu ?
ma mort patente.

Mes écailles : les ai-je troquées ?

Une pluie de poissons dévale tous mes yeux -

La chair surprise de s'éveiller parmi les fauves et les oiseaux et les otaries ruisselantes
couvée d'yeux ronds couvée d'yeux jaunes s'éveille encore chaque matin pourtant
les draps sont peuplés d'animaux qui me ressemblent et me font peau
ensemble

Les mailles du grand fleuve allant lavant ma verve et mon vouloir
s'espacent
ses rets déroutent les nuits où je ne brille plus

Mais la chair creuse sa bouche et prie au jour clair:
Lotus au parfum fondant !
Lotus des eaux stagnantes ! je cale ma joue sur ton velours glacé je glisse larme sur ta soie cireuse et m'y repose
je plonge dans ta boue et caresse le dos de l'oubli
Lotus! je viens à toi en reconnaissance mais mon voyage s'arrête là où je commence
sans espoir de retour - mes jambes dansent
sur terre quand ma voix noue ses cordes aux anciennes fragrances
de lui j'ai tant de dettes
Lotus! Bois tout le fleuve et régurgite-le dans mon lit






Mon chant de toi est toujours à venir l'amour toujours calté à d'autres épousailles

Quand refluera le temps des lentes retrouvailles
et des aveux violents et du leste désir ?












dimanche 20 février 2011

des bottes pour sept







" Regarde comment se déshabille la femme qui va se donner à toi.

Si elle ôte d'abord ses babouches, elle a toute sa tête et tu seras sa proie. "

Le jardin des roses, Saâdi,

traduit par Franz Toussaint, L'édition d'Art H. Piazza, Paris 1942.