mercredi 21 novembre 2012

La fête de famille / 4 déc 85





Les flammes se dandinent au caveau de famille
sous les lambris dorés qui lèchent le crépis

les compères s’engosillent
les commères grondent filles
de plus vieux s’acoquinent avec de plus spectrales

un monsieur ennuyé, comme désinvité, rumine dans un coin
le quart de son poumon qui reste en sa carcasse enfle mais c’est discret

c’est la fête ce soir au caveau de famille

soudain, le pique-disette s’approche de la colombe : c’est l’unique rejetonne
du pater magistral
et le coup d’œil fatal décoche le palpitant sec de la gamine

Le sévère patriarche se lève – clignements d’os
« Sortez-le ! Sortez-le : il va perdre mon sang !
-       croit-il le vieux machin que sa pauvre héritière morte de deux cents ans puisse se perdre encore ?
« On s’est trompé sans doute en le jetant dedans ! »

L’intrus est dévissé : l’honneur sauf se rengorge.
Un squelette de pucelle frotte ses côtes flottantes et essuie la poussière poussée au creux de l'œil tandis qu’on trinque et valse et parlote bon vieux temps.



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