samedi 6 février 2010

& QUE CELA RESTE ETRE NOUS





À MI-VOIX LA BEDAINE CHANTAIT SUR LE PARVIS
UNE CHANSON NAPOLITAINE
JE MARCHAIS EN SERRANT LES FESSES
POUR PARFAIRE MON ANATOMIE
D'HUMAINE
LES PAROLES, LES VOICI, TRADUITES À PETITS PAS COMPTÉS
LES TALONS POUSSANT LA RENGAINE
DU TROTTOIR

"MAMAN! MAMAN! J'AI TANT GRANDI!
POURQUOI JE PLEURE ENCORE UN HOMME?"

DANS LA VILLE
SANS ÊTRE ÉCRASÉE
C'EST PAS ÉVIDENT DE CRIER

DANS UN CHAMPS JE NE DIS PAS

"MAMAN! MAMAN! J'AI TANT GRANDI!
POURQUOI JE PLEURE ENCORE UN HOMME?"

DANS LA VILLE
SANS ÊTRE ÉTOUFFÉE
PAS UN CRI

DANS UN CHAMP JE NE DIS PAS

MAIS EN VILLE
N'Y A QUE TES BRAS.

"MAMAN! MAMAN..." et caetera.

vendredi 5 février 2010

maintenant ça va bien



ça va de creuser fouiller retourner la terre de sa langue ça va

d'épuiser ses réalités de cueillir frais trente à la quinzaine ses chagrins de tanner son propre cuir ça va de délivrer ses contemporains vrilles ouvertes coeur baillant de prétendre de quel droit

je vous invite à l'Euphorie portez-vous bien je m’évanouis

ça va

ça va les griffes du soir les aubes écrasées de terreur et en ultime recours la détresse des enfants massés derrière le rideau de mon lit ça va

ça va la besogne opiniâtre le caractère trempé l'air de toujours porter un berceau dans son ventre d'être et puis plus qu'un autre capable de saigner

mais regardez vos mains, elles sont en sang

non c'est celui de mes victimes ça va

la réserve de caresses qu'on enserre au cachot le frottement des corps où l’on astique les âmes et en troisième couche un esprit décharné ça va

la peur des moutons dans le sommeil inquiet et les rêves profonds où s'abîment les heures le deuil de l'avenir ça va l'Amazonie les pôles qui coulent le long du nez et tu renifles les glaciers

ça va les couleuvres exotiques et tu reviens de loin et l’enthousiasme indemne au clapet asservi et les courses dans le vent et le vent misant rafle ça va

les amours magnanimes l'inutile sacré la vaillance du cri et la stupeur des veilles les petits plats multipliés dans les grands pour les tout-bords de fête les bras le corps et les tue-tête mais l'abnégation des saintes ça va

ça va reléguer son ardeur aux calendes et marcher sur la tête et l'endroit du décor

ça va ma part du songe calé dans le monde en partage chacun la sienne Ainsi vont peaux et opinions

les aspirants-ceci les revers de désir les aspirants-cela mentir comme on respire ça va


le vernis sur le hasard et la patine de la bêtise ça va

ça va les chemins de traverses où se terrer miteux pour ne plus s'abreuver aux mares des bergers ça va le camouflage se gaver de vidanges se vider par le haut s’écoeurer par le cœur recevoir du courrier où l’on te dit Monsieur les fossés de noyades et les permissions ça va

ça va attends vois venir la patience du condamné ça va

la biche trouée de flèches et la moustache d’Adolphe si fraîchement rasée et dessous le visage d’un ange médusé assis sur un tonneau d’où ruissellent les hymnes tout ça sur un T. shirt porté par une Rock Star issue de sciences Po plus que ventre de mère ça va

Et puis ça va de montrer de l’index d’écarter de la paume et les civils principalement des femmes des enfants par erreur et le communiqué et la publication de faire-part de justes réprobations les bans des réprouvés les noces reportées ça va

ça va la liberté dans un bocal et le poisson dans le miroir

la mise en scène du carnage ça va le progrès l'histoire les forces en avant la nostalgie des capitaines ça va!

ça va les pics les récifs les fils embarbés barbelés les pardons désolés l'abondance des crocs dans des gueules apprêtées la pureté du reste

maintenant la confidence repose les mains sur ses genoux

maintenant elle incline la tête

un peu, de côté

maintenant elle me gazouille un poème coué.


jeudi 4 février 2010

pour la rime et le rimmel coulés de source










Grande amatrice d'impatiences
au seuil limite du chevet
ça ne prend plus les déchirants
Adieux
As-tu bien dormi ?
Sans doute je rêvais M'aimas-tu ?

À force de fouler les fils
de véritables Voies Sacrées
j'épaissis la plante de mes pieds
Elle me pousse le long de la croupe
s'enroule bourgeonne éclôt Encore !

Des impatiences noctambules
grelottent dans mes souvenirs
et moi cloche, je tintinnabule
sur le fil de mes soupirs.

Pffff








mardi 2 février 2010

Mad about the boy & sad about the Mum




"Parce que le fruit du péché ressemble au coeur, et la feuille à la langue"

Oui celle de la vigne qui mutile vertement

les marbres échappés des griffes d'un humain

ou qui vient enrober le riz, pour les dolmas,


Bonnes choses Les taire

Ne plus signifier rien de doux ou chaleureux

ni de consolateur.

" Penser saintement honestement, et sombrement parler."

lundi 1 février 2010

oeuvres de chair

Deux demi-dieux Chacun son sexe
& conséquemment
l'un mâle l'autre femelle comme vont par deux
les animaux
deux demis pour faire un
se lancèrent une nuit l'un à l'autre
et réciproquement défi:
"Tentons l'impossible!"

Entre deux bains d'oublis Ils s'évanouissaient
chacun débarrassé du monde consenti
Même au creux du vertige leurs bouches cherchaient leurs bouches
et les soupirs de l'un étouffaient ceux de l'autre
désinvoltes, joueurs, aveugles, réjouis,
et leurs mains s'agrippaient, pressentant l'apocope.

Dans leurs yeux agrandis rôdaient de clairs matins
et rien ne menaçait leur crânerie secrète.

Tentèrent l'impossible & y parvinrent. Un temps.

Lecteur prends haleine.
Profite. Chante avec moi :
"Give me
a kiss to build
a dream on..."
L'histoire est longue, faisons pause avec eux
et vivons l'impossible, égarons nous un peu...


Mais
- Et ici, Lecteur, cesse, cesse de fredonner. Lecteur, tu me distraies, j'ai
besoin comme une autre dont c'est le gagne-pain
d'une oreille attentive,
pour dissiper ma peine, pour étaler au jour de ta sagacité mes histoires véritables,
en manière de crachoir -
Merci
Mais, donc,
l'un ou l'une
-on ne sait plus qui exactement tant les histoires de dieux se perdent dans les fonds
des âges, même demis-
n'y tint plus. L'ordinaire avait gangrené
l'un des deux - Pire!
s'était embouché un mortel
- ou une mortelle puisqu'on ne sait plus laquelle
moitié de dieu faillit à l'affaire des deux.

Leurs frasques clairsemées prirent saveur de betterave
Les miracles s'en allèrent lonlère
Leurs mystères devisaient tout nus pleine lumière
Leurs chairs rapetissaient Des mouchoirs de poches
étroits pour leurs baisers trop vastes embouchures
Le souvenir décrut des copieuses nuitées.

Laisse-moi prendre souffle et m'essuyer les yeux.

Merci
Les bouches s'asséchèrent L'ordinaire s'insinua
De la corne apparut sous leur plante de pieds
Ils achetèrent chacun dans les supermarchés
des liqueurs pour panser leurs soirées canulantes
et des parfums pour feindre d'embaumer le Cédrat

Mais la Terre se dérobe sitôt qu'on désenchante
un tantinet son orbe et qu'en chaque lopin
on plante un épineux enchevêtré de foin

Des deux qui désavoua les prairies printanières?
Qui devint du troupeau? Qui battit en retraite?
Qui refusa la sueur perlée du doux été?
Qui des quatre saisons conçut mille manières de fuir l'opulence et d'embrasser Disette ?
On ne sait plus du tout mais on m'a rapporté
qu'un des deux demi-
dieu qui nous importe ici
saigna. On le raconte.

Qu'un des deux
- ou bien l'une - défit de ses chevilles
ces ailes que la passion y avait arrimé
et à l'ombre fatale d'une banale fille
-d'un médiocre garçon-
alla rogner son coeur immolant sa moitié

Ultime fulgurance : l'autre, torpide oeuvre d'exils,
extorqua à l'alter d'ultimes Noces Joyeuses
- la mortelle glorieuse jamais n'en sut, que chi/ ou le vulgaire vainqueur,
qu'importe, c'est aux demis
que vont mon coeur mon chant
et ma précision -
et remonta aux ciels d'où jamais n'descendit
plus.

Comme aux mamelles féroces se hissa Cupidon.

écrivez à votre tour