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jeudi 21 janvier 2016

faire avec

un carré de peau sous mes doigts et le monde entier respire
soupir bombance palpitation
purgé de mots
à l'aveuglette
campagne battue clef des chants

je suis la peau que je caresse
si je vais au monde pieds nus
ni le reste 
plus vêtu

quant à l'habiller de mots
le monde qui me pousse aux doigts ?
"c'est pour mieux te manger mon enfant."

jeudi 12 novembre 2015

Ouest toute



longtemps encore saouler le pavé avec toi et faire route comme emplettes de tes caresses
longue

toute ouïe à ta langue hisser le pavillon rose des aubes sur nous
étonnés de survenir
au désespoir même - fleuron des matins obstrué par les armes -

et entonner un chant qui fleure l'aujourd'hui
léger léger
consentir à la joie et se réjouir d'un souffle

lundi 28 septembre 2015

le mépris des fins de repas



il y a là
ce soir attablés
les changeurs de monde
et
l'échangeur de mondes
et c'est au second que je laisserai
mon dessert

après y avoir mordu
avec les belles dents qui dorment dans mon sourire

samedi 26 septembre 2015

magot d'automne

après quelques siècles
oui
ça devrait pouvoir
                      se tenir en équilibre
sur le fil d'un cri

vendredi 27 mars 2015

ménage de printemps




sans chaîne ni alliance

les doigts sculptent l'ombre de sel
passé
futur
à la chaux

brûlée vive
au début du printemps

présent pacotille - il suffit d'écraser les fleurs
d'étendre l'acide aux semis
un coup de talon dans le coeur
du roundup                               que plus rien ne germe
de la joie     folle      d'être à la vie
et mettre le feu en partant

le vent disperse l'ombre de cendre

longtemps après
encore
les mots continuèrent à mentir

on en entendait des échos dans la forteresse dressée
de pics et crocs jusqu'aux oubliettes
où on avait jeté la bête

Boîte Noire



le copilote a actionné les commandes pour faire descendre l'avion



Une action qui « ne peut être que volontaire »

pour l'heure
 « pas le moindre indice » sur ses motivations

Hors du cockpit, le pilote a utilisé une hache se trouvant à bord de l'appareil pour tenter de forcer la porte blindée, pour tenter d'empêcher la catastrophe


Plusieurs appels du commandant, depuis l'extérieur de la cabine, ont été enregistrés

Le copilote, alors aux commandes de l'avion, ne répond pas.

La tour de contrôle de l'aéroport de Marseille a lancé de nombreux appels à l'appareil, lui réclamant notamment d'émettre un code de détresse.
Entre-temps, l'avion est passé de quelque 12 000 mètres d'altitude à 2 000 mètres, la hauteur de la montagne contre laquelle il finit par s'abîmer. 

Des alarmes se déclenchent alors pour signifier à l'équipage la proximité du sol.

 « Là, on entend des coups cherchant à défoncer la porte. »

Cette attitude « peut être analysée comme une volonté de détruire cet avion »

Pour le moment, impossible de se prononcer sur les raisons du comportement du copilote.

vendredi 30 janvier 2015

à deux pas du chapiteau




scier la lune c'était notre lot
son menton dépassait encore
d'un pouce mais c'était de trop

l'Académie des Sciences s'inquiète comme en d'autres temps
pour sa barbichette

et je ne sais plus rien que nous deux sous la lune
moi au bout de tes bras
et toi les pieds sur terre



il est prudent dans le noir
l'éclaircie en fin de journée c'est une promesse de l'Ouest
il tient toute les promesses
celles qu'il n'a jamais faites
celles des quatre points cardinaux

je lui demande de m'expliquer
et à l'oeil il porte
le compas
fait de ses mains

comme elles firent mon corps dans la nuit

lundi 3 mars 2014

quelque chose se fait jour



un soleil daté
tente d'imiter

le nouveau venu
                           au chevet du jour où il m'a connu












mon amour lit
 - sous le soleil bref de l'hiver

ma langue sèche




lundi 3 février 2014

où j'avais dormi


Toute proche bruire au pavillon où
si ma langue s'y perd
tu ries
toute proche passé le lobe fouille-tympan gobe-ouïe
   - et tu ries

Mais
à chaque narine son matin
       au grand lit refait la méchante solitude


à chaque jour frais son parfum
ressac d'océan ou de mer si elle n'a pu se faire plus vaste

Approche !

Il vient lècher la nuit précoce levée dans le ciel 
de mon crâne
s'il gagne mes rêves et s'y love
Elle s'émeut à m'entendre taire 
       la nuit
tout ce que je voudrais livrer

Salés mêlés émus transis

coeurs alertes
jusqu'au matin
et le soir
alluvions d'amour où fouir
- juste entre jouissance et fuite -
- mais des batraciens cloués sur la porte
en retour
verts et ors jamais transformés
ni prince ni magicien
ni fée -

alors je retourne dans ta chambre
et je m'enfouis dans ton poitrail



si je le suis




si je le suis
des yeux alors qu'il dort
je ne vois courir que son profil
en pierre d'aube

et si émue
que je n'ai plus qu'à attendre
le cruel réveil électrique
- les yeux me percent, l'haleine s'abrège - je le perdrais
si, pour le prolonger
je n'avais pas tracé des rets d'encre sur la lune
serrés 
serrés les doigts et liés solides pour prier la nuit
de durer au delà du jour



jeudi 30 janvier 2014

tu me donnes le mode d'emploi et je t'écris mieux qu'on respire




prendre l'unique place au lit
étroite
immobile s'y tenir droite
la colonne, 
                épouse 
                            du sommier

un poisson sec dans son sapin
pardi ! 
           rendez-moi mes écailles
toujours le ciel manque à l'étoile 
                                                 si pour lui 
                                                             elle ne peut briller



et je supporte
et je patiente
en brodant un tapis percé
où passent toutes mes pensées
             tisane lente lente lente

pour toi - à mes heures, 
                                      fiancé




tu me donnes le mode d'emploi
et je t'écris mieux qu'on respire



mardi 14 janvier 2014

Prodigieux manoeuvre






Je ne peine pas à t'aimer, moi,
bête des sommes où je rêve loin de toi
mais
je ne me console pas non plus, augmentée de ta main, fleur au jardin pendu - 
ta main preuve certaine du monde dansant autour 
- s'il en fallait des preuves -
du monde extasié sous le feu de ma peau au chevet du tournis,
tournis du soleil fou qui lève nos matins,
ta main qui jamais ne s'essouffle, tenace ganse d'amour, 
fourbisseuse d'extases, masque dévoilant les voiles,
ta main, poumon obstiné que ma main
entrelace ta main            où je m'éveille dans une liasse 
d'étoiles                                                                 à savoir :
- revers qui repousse l'avancée têtue
de la menace évidant son fuseau ténu d'heures rapaces, 
revers à mon envers, velours en carapace                       puis
- paume, irriguée des lignes de mes pages, 
aventureuse paume irradiée d'or, joueuse d'un jour, 
raconteuse précise et obstinée, paume enceinte de ma joie singulière 
bombée dans son berceau de parme,
paume qui s'embarque dès l'orée des contours, et m'endort   puis
- bouquet d'orpailleurs, réunion de virtuoses, doigts volubiles, 
ondoyants danseurs de ma piste ductile, fauteurs de troubles, 
sourciers insoumis que démultiplie la fonte des rêves,
floraison sur l'étang de ma chair épanouie, 
grands causeurs, dix de coeur à la proue,
pulsation de la pulpe sous l'incarnat languide,
                                                                       puis 
passant à la poupe, chavirante naissance, 
aveugles nautoniers de la reconnaissance...

Je ne me console pas non plus, augmentée de ta main - étreinte de la mienne -
des années dépassées où nous ne nous savions 
ni du même espace ni de la même langue
où s'attardent nos mots
 - ces signes volatiles dont fusent les baisers - 




samedi 11 janvier 2014

the trip




Mogador
Murex
Cornut l'avignonnais
Es Saouira
Arganier
Othello
Kasba
On monte à bord on se tait et on vise le paysage





 
Puis sur toi demain       Je pos'rai des mots       à défaut de mains

ourlets





CHÉRI ALLONS POÉSIR
POÉSIER POÉSENDRE
                               Plus bas! On pourrait nous entendre...
ET PUIS
APRÈS
NOUS REPOSER
SUR UNE PLAGE SANS AILE
SEMÉE DE CRABES EXTASIÉS
FLEURIE D'ENCRE ET DE GRAINS DE SEL 
CONSTELLÉE
D'ANIS ÉTOILÉ
                             Maintenant tu peux remonter
                             jusant étale sur ma peau et 
                             Inverse le cours des choses

                             où se dépose la rosée 

20:02 K


enfin
je murmure
enfin !

le livre où périt l'arbre, je ne l'ai pas écrit

même mort,
l'écorce incarnée,
parle l'arbre dans mes cordes

et l'arc de mon corps te ploie


foudroyée la maison crie par la fenêtre et toutes ses fissûres
son grand cri de joie autour duquel danser : ce sont tes bras que réclament
mes bras


la petite pluie a le zèle du fer rouge - mais elle dorlotte les endoloris
Vois :
je ne saborde plus mes rêves,
et la réalité éreintée tourne ses jupons par dessus-tête

l'arbre où périt le livre, grimpons dedans - accroche-toi

"et l'on se dira des poèmes ?"
oui, si tu veux, oui... mais après





samedi 14 décembre 2013

Euplea




celui-ci n'a pas plus besoin
de moi
que le vent
des voiles

pourtant je tenterai bien
de voguer 
quelle que 
soit                      la mer

dimanche 1 décembre 2013

les citrons gris







pourquoi tu ne viendrais pas
à Paris où j'ai mes quartiers ?

               parce qu'elle ne me contiendrait pas
               je ferais pâlir ses lumières
               mes pieds dépasseraient de son lit
               mes bras déchausseraient les grilles

               pas de champignons aux av'nues
               que ceux que cultivent les vertus
               perdues et je me perdrai - c'est ça


je te tiendrai fort dans mes bras
nous attendrons que les trains pleuvent
serrés sur des quais longs et clairs
et je te soufflerai dessus doucement 
doucement

et le fleuve nous conduira
dans des forêts trouées d'éclair
où l'on peut croquer les citrons
avec la peau

sans une grimace




il demande :





il demande : 
sauras-tu réparer ?


                              pour toi pourtant j'aurai tant
                              voulu des mots verts volés au matin même
                              des baisers éclos sans racine

                              des giboulées filées du ciel
                              des trucs qui tombent sans prévenir 


                             pour toi j'aurai voulu de la place


il déclare :
tu sauras réparer.

                            sur mon coin de table, l'amour moitié dévoré par les vers
                            et sous mon tabouret
                            des pelletées de rêves invalides
                           
                            des élans jarrets brisés
                            des rêves si longs qu'on en meure


                           pour toi j'aurai voulu de la place


"je suis sûr - il dit - maintenant
nous roulerons sur un tapis
brodé ensemble la veille au soir"

                           pour toi je ferai de la place