vendredi 3 septembre 2010

passage du désir

Il passe par le Passage du Désert et l'entends chantonner, moi qui, placide mais tendre d'oreille, y vis :

"Monte-moi le bourrichon. Le soleil est jeune aujourd'hui."

J'endosse ma pelure d'enchantée
me grime au calcaire me chausse
de mes chevilles papillon
et dans ses moelleuses traces
je poursuis sa chanson:

" Désossez-moi donc le thorax. Écoeurez-moi,
que l'âge passe
des dents de rose et coeur battant"

Un arc en ciel se paye nos têtes.

mardi 31 août 2010

TE FRAPPE PAS

plutôt la porte


et derrière
claquant en frileux drapeaux

les dents sur les gencives
les gencives dans la bouche
la bouche sur ta peau

ta peau contre mon ventre

te frappe pas Nigaud
caresse le linteau
et entre








délier connaissance

Était-ce par crainte d'être à cours de remblais le jour où nous aurions à converser ensemble et d'être obligés, vraiment obligés, pour garnir notre entrevue imminente, de revenir à des jeux moins loquaces?

Était-ce pour faire provision de nouvelles en prévision de temps morts lors de notre prochaine rencontre que nous pourrions tenter d'habiller de vie ?

Était-ce afin de déverser des flots intarissables de verbes, adjectifs, articles etc, - et ce, en ordre car c'est un monsieur ordonné, pour éviter nos écueils linguaux ?

Je l'ignore.

Toujours est-il que depuis le dernier concours de Pêche à la truite et Loto auquel ensemble nous avions participé, il ne me parlait plus, ni n'écrivait.


Le silence.


Je ne sais me résoudre ni à l'oubli, ni à la perte.
Pour remédier à l'absence, je rêve en éveil. Nous faisons cohue. Je discute avec les absents, morts, vivants, malades et bien portants, et je ne fais pas que discuter.

Nous nous voyons bientôt, -  je me réjouis d'avance, babines retroussées, de la Pêche à la truite.

se concentrer avant de pondre et prendre moins de place qu’une vieille

un vieux dont le jardin

jouxte tout son long les rails

brûle des rameaux secs et de sèches broussailles

en regardant

la casquette vissée sur sa petite caboche

passer le train où je devise avec la solitude des

vaches que vaillent