samedi 17 décembre 2011

s'abrutir







personne pour
personne pour
le manger le boire rien

cesser le monde se cesser
mis au monde affaissé une enfant alors
ne plus partir



goguette



tant que le manger le boire
petite il les lui faut

mais c'est tout on ne peut rien

pour


ni où rentrer dormir
ni bras


mardi 13 décembre 2011

obscur gronde







roulis! tambour! orage! arôme des vieux ors pourris aux ossuaires
kaki! vieilles vertes rengaines! mots rancis que l'information débita carcasse
de sens
et toujours : la nouveauté de la gangrène et le lard farci au poison!

- la bête qui ne devient pas reine et le minuscule horizon-

Et mon enfante s'amusait
les yeux bandés
tournant au centre
Ô bras tendus
Ô devinettes lancées au ciel
et les muscles jusqu'aux racines
plongés - elle court et le décor court-

et mon enfante m'amendait : moi ?
fange! mêlasse! brute! bruine!
et suivante d'un rigoureux convoi
de marchands tisseurs de baillons

Petite donne de la voix !

moi : sans perspicacité le pas
aux ornières cahotées
semant ma douceur de côté
de côté ma douceur d'ancêtre

et le coeur poché. un caillou!

Ôte le bandeau. Triche un peu.
Et ne file pas doux la pente.
Perds en route ce qui me hante
et récolte des mots coutelas

l'amadou pour sa lanterne
et l'huile pour nos feux éteints

- les langues suspendues aux cordes -





lundi 14 novembre 2011

patinette

les paumes brûlantes et le bitume à la fleur de peau, c'est à la seconde chute que Dieu est enfin EX sistant. Cette phrase aurait du sens si
à reculons
on savait
les autres mots du songe

jeudi 6 octobre 2011

passe-passe



Le chasseur à l'affût fit la bête aux aguets
le chasseur aux aguets fuit la bête à l'affût


Coeur fiévreux - qui je fus? Bats. Rabats. Pique et traque. Se croisent sur l'onde - dessous - le jouet et le joueur.

Sous les traits d'un Satyre aux bajoues tubéreuses
le Désir se régale.


Je n'en fais qu'à ma tête calée sur ton billot.


















jeudi 29 septembre 2011

le respect au pays des huîtres

















Les bêtes se jettent contre les vitres aveugles de la bibliothèque.
Fabuleux bris de poils d'écailles de coquille et de verre
Et des étagères perpendiculaires croulent en biais les histoires des hommes dispensées aux malades :
Qu'ils cessent de crier.

ICI ON FAIT SILENCE





fuite spirituelle











Le curé - celui de la clef de l'église- garde sous l'aisselle le Christ délogé de l'autel
Qu'il le baigne à chaque escale - Ô les bacs à douche immaculés crasseux des Étap'Hôtels !
- Son poupon décharné qui modèle l'angoisse depuis la nuit d'un temps où les jambes
À son cou
détalent sous les troncs







jeudi 22 septembre 2011







Une laissée pour conte ayant passé force nuits pauvres de paroles et courtes de sommeil avec un faiseur de réalité commença ainsi son journal intime, un soir de grand vent grande repentance, se promettant en son for vaste et intérieur de n'accrocher plus son coeur qu'à des alter ego rêvasseurs : " Depuis la nuit cruelle, les jours morts s'ensuivent qui fixent l'hiver en l'été deux mille onze et je me balance en fruit mûr sevrée de soleil et de cigales, faisant la courte échelle au chagrin pour qu'il passe de l'autre bord, là où je n'irai pas  promener." Elle mordilla l'embout de son stylet et dégrafa son chemisier. Elle continuerait demain. Si les ogres ne l'avaient pas dévorée d'ici là. Puis elle reprit sa monture et fière s'alla jucher au boulevard qui surplombe les coulées de rues aux noms poudrés et venimeux.






Bonne fête maman, ou l’art du recyclage. 26 Mai 2001.


1.

Elle sautille, me bouscule, m'empresse : " Donne ! Donne ! " . Avec quelle gaîté, elle hurle presque, bondissant d'un pied sur l'autre, les bras jetés vers le rouleau que je porte maintenant avec angoisse à bout de bras, par-dessus ma tête. Et que lit-on sur mon visage ? L'embarras ? Point. - Savez-vous lire ! - : j'étale un sourire béat. Hissé sur la pointe de mes orteils, une posture de vrac maladroit. Vacillant, je tournoie. Taureau : c'est elle ! Moi, matador. À peine. Grand'peine. Ma femme s'immobilise.

La danse s'épuise. Je plante mes talons. Un petit silence et rougissant un peu :
" C'est gentil mon chéri d'avoir cette année pensé à la fête des Mères. "
L'as de la dissimulation : un zéro, un nul.
Le plus piteux d'entre tous : " C'est une peinture. "
Elle me fixe subjuguée.
" Abstraite. "
Je précise.
" Abstraite. "
Elle murmure.

Son visage s'illumine. Sa voix se fait encore plus douce, sa douce voix.
" Donne ".
Je baisse enfin les bras et je tends le rouleau des deux mains où le sang ne vient plus.
Elle le saisit, je me détourne.
Elle le décapsule et déroule le papier : j'entends.

Et j'entends encore, miaulé du fond du couloir, au risque encore de réveiller les enfants : " Je vais l'accrocher dans la chambre. "
Oh. Pas dans la chambre !
Si.
Je la suis à distance. Elle a été véloce.
Dans la chambre.
C'est épinglé haut oh ! au chevet du lit : nous faisons presque la même taille. Le carré de papier n'est pas bien grand, lui, sur le grand mur blanc, entre les deux appliques.
Un monochrome couleur chair. Elle m'enlace et son calme me gagne.
Elle glousse dans mon aisselle : " Merci. " .
Sauvé. 
" J'adore. Je lencadrerai plus tard."
Elle s’adonne aux travaux manuels, parfois.



2.

Il y a toujours une épaisse couche de silence, malgré la cohue citadine, entre eux. C'est sans doute la clandestinité qui force le vacarme. Combien d'autres couples attablés pareillement préservent un secret par nécessité, sans particulièrement s'en délecter. La petite femme pense :
 " Au moins ici je ne me sens pas seule au monde. " Et elle finit le salvateur verre d'alcool. Lhomme l'enlace. Elle tente de poser le verre et y parvient. Ils ont parlé de tout, sauf d'eux ensemble. Ils en parleront par bribes peut-être, tout à l'heure en se rhabillant, chambre 17, deux rues plus loin.
" Pourquoi ce type m'enlace-t-il ? " pense-t-elle encore.
 " On y va ? "




3.
Malgré le désarroi où cela me plonge, après, j'apprécie la vitalité que me procurent ces rendez-vous.
Et puis, cette sensation palpable de solitude centrée enfin.
Pas possible de se disperser dans ces bras-là, ces jambes-là, sur ce ventre-là, ce sexe-là. Là, je suis tout à fait la même. Et comme, fichtre, il n'est question que de plaisir : il n'est de réponse qu'au présent.
Mais il y a ces baisers, - des lampées d'amour vif - .
Et puis lui, au moins, il parle. D’anatomie, souvent. Mais je ne vais pas choisir les sujets de conversations, non plus.
Et revient plusieurs fois cette phrase dans le souffle brûlant le long des vertèbres :
" J'adore ton dos. "
Cela ne me flatte pas.
Je laisse dire et faire.

4.
Alors un jour, je demande à Alfred, Alfred qui ne me refuse rien parce qu’il est en quelque sorte mon cousin, de me peinturlurer ce dos.
Alfred questionne rarement, mais ce jour-là lAlfred dépare :
" C'est pour un connaisseur ? "
Je réponds : " - Non, une connaissance. " .
Il  insiste : "  Ignorante j'espère. Le pastiche passe encore : c'est l'école de l'art. Mais les redites. ..".
Agacée ou honteuse de cet enfantillage, je me déshabille devant Alfred qui jamais ne m’a vue nue.
« On évite le bleu, fait-il en débouchant un gros pot de pommade aux reflets écoeurants, soyons réalistes. »
Bientôt je suis vautrée sur le dos contre un papier kraft dévoilant à Alfred avec lequel je vis en parfaite – si cest possible – chasteté ma crudité osseuse et la peinture adhère là où mon corps rebique.
Un quart d'heure plus tard, je suis lavée, poudrée, embaumée, clinquante et mon dos négatif avec tout ce qui m’est donné de fesses, est renversé là, sur le papier, sec, couleur chair. Mon revers minuscule saisi à la gouache mate que j'enroule sur lui-même et que je fourre dans un rouleau de carton protecteur.

5.
«     -Nous avions dit que notre relation était juste une relation. Comme ça. Claire.
-       C'est pas un cadeau. C'est un pense-bête.
-       Pour se souvenir de quoi ?

La bête, c'est moi. Le dos c’est pour lui.

Mais " De ces moments d'oubli " pense-t-elle répondre. Elle ne répond pas.
Et elle sourit, sincèrement reconnaissante.


6.
Ils se rhabillent. Quoi qu’il en soit, il quitte la chambre 17 embarrassé de son sac, de ce rouleau et d'un toujours tendre sourire. Elle quitte la chambre un quart d'heure plus tard, lavée, poudrée, embaumée, clinquante et pense encore : " Tant pis s'il le jette à la première poubelle. Au moins je l'ai fait. "


7.
Lui en fit ce qu'il put.



Bonne fête maman, ou lart du recyclage. /pour B. 26 Mai  2001.







mercredi 21 septembre 2011

aïe












encore un'fois le doigt dans l'oeil
celui dans l'quel tu as tapé
et à l'index moi foudroyée
tapie au coin du Boulevard

le coeur prétentieux se bat
là où dansent les dessous d'aisselles
là où les jupons font cale-portes

ma chair haute fournaise rougeoie


un alchimiste est attendu
qui, preuve de sa science inepte,
reste coincé dans l'éprouvette
qui dans ma cage se bat










fruit, chasse et dérision





et la clef de mes chairs l'avez-vous donc perdue ?
-ne se refermeront que pansées d'un baiser-
les portes ne savent plus dans l'échancrure nacrée
sur quoi elles sont closent au battant suspendues
le vent passe dessous - une modeste bise!
ça claque fort pourtant, le coeur moitié fendu

votre trousseau convient aux serrures des remises
à présent que, huis clos, vous êtes défendu
Un caquet ! En prison ! Forçat et geôlier...

Ma cage thoracique baille mais
vous m'ennuyez : je dors.

Olmi Capella











au matin la montagne se lève

dans la fenêtre le ciel isolé

flotte un million de becs
pépie tridule claque jaune


le parfum du présent trahit des secrets lourds d'une terre harassée qui enfante mes coeurs
crânement je l'essaie les deux pieds dans la langue
écorchée la langue
écorchée la peau non prêtée

la nuque déployée sur les coquelicots - c'est Avril-

on dira bien
caressez vos désirs : de l'arbre gerbe le sang
dans la verte prairie que l'été cramera.

ma langue se dépose sur les pierres rompues aux saisons obstinées
quand un village couve sa nichée d'enfants que je peux compter sur les doigts de ma main
écorchée ma langue
écorchée ma peau non prêtée











coriloque























la maison abrutie lentement cuve de longues veilles
je ruisselle des murs je renfle du plafond je m'écaille des peintures
des écroulements
luxe des décombres

Jardin du château d'os où nous nous promenions toi tordeur de bassin puisatier

j'ai de si loin pour vous tendre les bras
plongé


la maison
on y reviendra et si les portes sont fermées on dégondera

















cheer Y















who was a little boy
and became a fat man

without the sun
he could not grow
up
up
up

hurrah !








Tout est bon Bois de tout feu
Pour dire Ce que nous devrions taire

mercredi 7 septembre 2011

vacance







J'étais donc dans cet hôtel. Je gardais mes deux chevaux : on ne les avait pas tués. J'en prenais soin et je me cachais derrière l'étendoir pour pleurer : je leur épargnais mes chagrins. Je savais me montrer discrète. Je pleurais parce que je savais communément que la mort est la fin de toute joie.

L'homme qui m'avait laissé les chevaux le savait tout aussi bien que moi mais cela ne l'avait jamais égratigné. Il avait assez de ce qu'il pesait lui-même sur ses épaules.

Quand je le rencontrai, - c'était avant l'hôtel-, nous avions parlé la même langue et je dansai dans l'eau. Il eut le don de me faire chanter une dernière fois. La nuit était sans rive. La nuit était liquide. Je dansai là où je n'avais plus pied. Je lançai pour mes noces des poignées d'écailles. Oh! Je fus vaillante. Sa voix de cendre m'enlisait gentiment et mes jambes, avares de fuir, lui tournèrent autour, tenailles souples et douces soumises à la nuit sans avenir.

J'avais aboyé longtemps au matin puis je courus à la lisière des bois, là où la lande d'ajoncs recoud la plage au monde, mais je n'ai pas su reconnaître ses empreintes parmi toutes celles que les bêtes avaient laissé sur la poudre du chemin.

Quand on me rapporta, sur une civière de peau soulevée par deux bossus qui tressautaient gaiement, j'étais sans voix. La rosée avait dessiné des ronds sur le sel de mes bras. Les chevaux nous suivirent, placides. J'avais faim, alors on me servit du riz et des poivrons cueillis le matin même par la petite qui accueille les clients, quand il y en a.












réfléchir après 
et tomber dedans

MÊME UN IDIOT SAIT çA 










si je devais ajouter quelque chose, ce serait :
les années de chair claquent 
et les chats se raréfient parmi les ruines décoratives
entre les strapontins de pierre
et les corridors glacés d'ombre


nous ne pouvons plus rien pour les yeux sans paupières désormais 
que les gamins tenaient ouverts 
en défi au soleil pendu














S'en laisser conter
et y croire
Rien que ça
Déjà





mercredi 3 août 2011

afar







la femme liée à la roue lit dans ma main et d'un clin d'oeil me congédie
je colle un timbre- ma langue longue de naître- et je t'envoie
ma main étanche refermée sur lui
un impalpable baiser

et toutes ces odeurs nues ces bruits verts ces cadences que le souffle impose à la surface des eaux
tu les reçois au matin lorsque l'ombre retient les maisons où dorment encore ceux que
tout le jour ici
le vent a fraisé
sans relâche
tandis que rutilent les montagnes détourées par un ciel fraîchement convaincu
que naître bleu vaut la chandelle




l'heure grecque







les fauves efflanqués me concoctent des nuits arrachées
à la faim

je vis à deux brassées du zoo de Pékin
du persil aux oreilles un foulard sur les yeux

la pierre de la villa où se terre ma chambre
noircit dans la fadeur des heures matinales

pupilles et entrailles papillonnent encore
dans l'éclat larvaire de l'aurore orientale

un moustique m'agace dont les ailes caressent ma peau de tulle roux

mes paupières soulèvent un jour morne après l'autre
des mondes où les bêtes ont bon dos et les hommes
pleuvent comme des tuiles chauffées par la colère
sur le sol endeuillé dont les failles respirent

l'air mobile et ténu d'une journée ancienne

on y marche, le pied lourd, ventouse moelleuse,
vers un temple velu de lichen et d'acanthes
tiédi par un soleil qui donna sa parole
verte aux chairs solides des dieux pleins d'affection










mardi 5 juillet 2011

chansonnette de juillet





à trop se pencher la fille la fille
à trop se pencher va dégringoler

tête la premièr' la fille la fille
tête la premièr'cul par-dessus coeur

hâtive pressée la fille la fille
hâtive pressée qui croyait plonger

le Stupre est profond la fille la fille
le Stupre est profond fleuve de liqueur

point ne fut syrène la fille la fille
point ne fut syrène et tout se confond

le trop et le plus la fille la fille
le trop et le plus ferments des passions

mets du rouge au joug la fille la fille
mets du rouge au joug des jolis garçons

saignante chanson la fille la fille
saignante chanson en queue de poisson

que tu reprendras
la fille
la fille
que tu reprendras
à Morte Saison







vendredi 24 juin 2011

harassée





L'amant au coeur vert-chou qui me rendit
hommage de cheval
guigna la fin de la course
avant que je m'emballe ne m'en fit pas mystère
et m'acheva tout net

je posai
mes langueurs dépravées et mes chagrins d'enclume
embrassai ses paupières et quittai le manège équarrie de désir

Rapportez à la garçonnière du Faubourg celui que volontiers j'épinglais aux chevets de mes veilles Qu'il reprenne haleine et bonne pouliche et picotin bleu

Je reste allongée le long de ma dépouille ma bouche
n'écume plus mon crin sèche rouge et j'ai déchaussé mes sabots
quelques mouches
baisent l'air salin qui monte aux yeux