les fauves efflanqués me concoctent des nuits arrachées
à la faim je vis à deux brassées du zoo de Pékin
du persil aux oreilles un foulard sur les yeux
la pierre de la villa où se terre ma chambre
noircit dans la fadeur des heures matinales
pupilles et entrailles papillonnent encore
dans l'éclat larvaire de l'aurore orientale
un moustique m'agace dont les ailes caressent ma peau de tulle roux
mes paupières soulèvent un jour morne après l'autre
des mondes où les bêtes ont bon dos et les hommes
pleuvent comme des tuiles chauffées par la colère
sur le sol endeuillé dont les failles respirent
l'air mobile et ténu d'une journée ancienne
on y marche, le pied lourd, ventouse moelleuse,
vers un temple velu de lichen et d'acanthes
tiédi par un soleil qui donna sa parole
verte aux chairs solides des dieux pleins d'affection
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