Lorsque vous adopterez cet animal, - parce que la solitude féroce vous étreignait, pour palier à l'absence criante de votre ami(e) ou simplement par désoeuvrement, n'omettez pas certains points cruciaux.
Cet animal est cruel: ne se nourrit que de chair, de peau et d'abats, malgré l'apparence minérale que lui-même arbore.
Cet animal est sauvage. La porte ouverte, et le petit matin est sien. Et allez le rechercher parmi les foules de semblables qui dévalent les boulevards, allez! Votre âme perdue s'y dissoudrait définitivement.
Cet animal est blessé : votre temps, vous le perdrez à d'incessants soins, et vainement encore. Rien n'y fait, ni onguents, ni caresses, ni potions, ni lourdes pharmacopées. Contagieux, il dispense ses blessures comme le vent les graminées répand. Votre corps au sien mêlé, et vous serez domestiqué, comme l'ogre domestique l'enfant en quelques bouchées.
Mais si vous voulez prendre des bains d'étoiles, vous enfouir dans des songes sulfureux, sonder l'enchantement, vous endormir écrasé de parfums et de poudreux espoirs, commencer le jour même ce que vous remettiez aux lustres, croiser de nuit le naufrage, corser vos jours d'avaries, feinter la fin et aborder le début des temps : n'hésitez plus.
Même d'occasion, cet animal a des vertus dépoussiérantes; de seconde main même, il vous défait vos hiers et vous rend à votre aujourd'hui.
Et Neuf comme l'an, Ah! Dîtes-m'en des nouvelles, sitôt qu'il aura trouvé gîte et pâture dans vos quartiers.
ps : n'oubliez pas de le faire vacciner régulièrement contre la rage, cette antique et méchante maladie qui menaçait, jadis, nos chiens. Et mordez-le de temps en temps, il appréciera vos hommages.
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