jeudi 17 mars 2011

le rêve d'impatience que je fis cette nuit à 12 arpions la ligne





Vous ne comptiez plus le dépassement horaire;
la fracture de l'aube se refermait d'elle même
ou sous le baiser vif d'un serpent bien pendu
de langue et d'écailles, tapi sous les talus
de nos draps repoussés tout brodés de Je t'aime.
Éberluée d'amour, moi, je vous laissais faire.
Je soupirais aussi. Ineffable tendresse,
assise sous la nuit où nous avions tenus
debout le siège des voluptueuses veilles.
L'harmonie! L'harmonie armoriait nos oreilles!
Jachère des corps ravis que rien ne presse.

Le jour ne froissait plus les jambes de ma course
éreintante contre le temps passé à vous
éprendre en vain, vous, volage. Et prête à courir
le lièvre rusé des lunes épinglées,
sautant crevasses,failles et fossés, pièges,
bondissante, hors d'haleine, vive à mourir,
je débondais mon coeur, en singeais la cadence,
les pieds foulant le sol dans une folle danse
pourvu que d'arriver à vous avant l'été
du mépris. Mais trop tard! Dès la saison suivante
le fabuleux amant choisit une autre amante.

Quand sur le bas côté du rêve itinérant
ayant repris mon souffle, appuyée au couchant,
et chevelure défaite, coeur défaillant,
débauche de baisers s'éternisant aux lèvres,
j'aurais pu un instant me reposer des fièvres,
je m'enfuis! Endolori Poucet semant

les ongles et les dents des monstres que j'élève








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