jeudi 26 septembre 2013

de ce printemps privée -( inachevé que je ne finirai pas)





Depuis qu'il s'était enfermé dans cette tourelle, le roi qui avait vécu plus d'un demi siècle n'entendait presque plus - enfin!- les lamentations du dehors.
Il avait à sa disposition là-dedans tout ce dont un roi a besoin pour ne plus se détourelliser: la légitime épousée aux cheveux d'ange, épelés un à un 
(+ l'ovale visage + régulières pommettes hautes + estime de soi + peau tendue sur ventre plat + rire cascade clarté d'ondée ourlet de roses + etc.)
  l ‘épousée maîtrisée et des livres qui "s'ouvraient d'eux-mêmes aux pages essentielles", 
           et les chaînes nationales et un bouquet choisi 
et une si bonne dose d'ironie qu'il pouvait ainsi tenir un siège à son ennui.

Mais ces blues de la sentinelle en ronde autour de la tourelle
( d'abord des petits pas
puis un piétinement
une cadence
tapotis régulier tap et tip et tap et tip
et dessus, en simili-hautbois, cette litanie joyeuse :    

                         Que cette nuit compte double

qu'il entendait tantôt forte tantôt faible selon la halte choisie sur le chemin de garde ) :
tout ce qui de nuit l'empêchait de dormir - le mettait à mal.

Et encore, en plein jour, déployée en bannière,

Que cette nuit compte double

c'était l'épousée
- l'infidèle! - 
défripant la monotonie des heures
en aiguisant son désir et répétant de la nuit
le chant entêtant de la sentinelle obstinée :

Que cette nuit compte double

tout ce qui de jour l'empêchait de dormir - le mettait à mal


envoi :
je dors bien la nuit - je m'en félicite
je chante pleine voix tout le jour durant
si je ne dors pas la nuit sus-dite
c'est que dans des bras je m'entraîne au chant

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