mardi 3 janvier 2012

le mors au coeur






il n'y avait pas que le bitume capiteux
pour rayer les genoux d'émail - les filles !

voici que je vous jure :
nous étions des aventurières !

à tout berzingue deux destriers flambants-cuits de vitesse à force de frictionner l'air, fendre bise - des pinces à linge retenant les cartons ronflant de nos moteurs version sandalettes
deux pédalent pente ou côte
qu'importe que rien n'arrête
Sur le porte-bagage en relais la petite - celle qui serre les provisions
-on l'appelle la petite parce qu'elle préfère être portée-

quel danger fut couru ?
il a fallu se servir au placard et la mère a le dos tourné
et elle a tourné le dos
pour nous laisser nous servir nous-mêmes d'abondance
- " il faut apprendre à être débrouillardes " -

Sans les cauchemars sûrement, les rayons font les queues de paons
le vélo est à mi-trottoir couché flanc chromé écumant
ou
la lanière d'un patin a déchiré son cuir
- le menton est sauvé quand coule le genou-
ou
le tiroir monté sur roulettes
où nous tenons à deux plus serrés
que les chaussettes
ne descendra plus l'Éverest inversé des Clos
et celle qui court derrière peut rouler jusqu'en bas
nous ferons un tas de jarrets de planches et de cris

Quelque soit notre mercredi, - le mercredi on ne rêve pas : il y a du paon sur la planche, on peut se farcir le jour,
s'amuser est une big affaire-
pour fin,
on s'égratigne, microbes, aux berges du ru ruant ses ors ses mousses et ses remugles
sur les tapis de ronces où nous nous délassons

les rires perchés aux cimes brouillonnes des buissons




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