jeudi 28 novembre 2013

promenade pour K






ciel ciel ciel 
sept fois 
et ma langue 
soigneusement suspendue  
au palais
attend que le temps passe
- il ne fait pas de bruit
ferm'la porte derrière lui,
je reprends :

animale - pas rongeuse mais encore sauvage
l'animale songeuse s'assied un brin sérieuse sur le galet laiteux et rondement roulé
énorme au milieu de la vallée 
laiteux mais marbré de mousse 
on lui en a parlé du galet
- mais sait-on ce qu'une animale comprend de ce dont on lui parle?  -
- la voiture filait vers la mer qui ne se démontait pas pour autant, je reprends :

et, l'animale, étonnée toujours du soleil le matin, à qui tout fait cadeau sitôt que ça surprend,
face au miracle. - Pourquoi pas ? 
Si à ça on ne croit pas, pourquoi reviennent les hirondelles ? Je reprends :

N'y assiste pas, au miracle
le miracle c'est ce qu'on fait d'elle
'croyait plus que ça battait là dedans à la vitesse d'une fusée
et que ça s' laisserait encore une fois apprivoiser
(les héros étaient tous descendus, jeté l' torchon en maillot d'coeur,
étaient allés grouiller en famille, s'étaient retrouver des maîtresses des laisses de saines broutilles
ne couraient plus les bois avec elle ou s'ils venaient trotter sa sente, elle se transformait en caillou)
Je reprends : 

oh ici juste lelong du dos et qui en fait le tour aussi
et repousse la peine 
lisse la paume ouverte et les bras devant
se croisent à se croire vivants
la mousse éblouit si on la laisse éblouir
les fougères bondies s'emmêlent et embaument
- on se peignera demain - je reprends :

il y a mieux à faire
lentement
elle ne sait pas seule s'aimer
ni ne pas aimer qui lui plait
alors, il est venu par un chemin tout droit
un peu poudreux - sa route est longue
un peu fourbu
pas plus épuisé qu'une fontaine même s'il croit avoir tout perdu
- pas besoin de grand'chose pour aller là où elle veut aller
avec lui, l'animale
et l'homme
ne s'imaginent pas neufs
mais sera le premier sans descendre d'un pied d'estale 
un ni chasseur ni bûcheron
juste chaussé de ses orteils de 7 lieues
venu par un sentier tracé
par lui au hasard du nez
les champignons mêmes, par poignées, surgissent de le voir passer
certains rient (il faut se pencher pour voir rire un champignon, ils se penchent
repencheront - je reprends :)

et sur le galet elle tremble l'animale écoute et tremble pose un baiser
sur sa bouche 
baiser plus rond que le galet
et lui prend le baiser le troue d'un coup de langue 
et il s'en fait un collier
qui portera bonheur
s'il doit rencontrer
d'autres bêtes de cette forêt
ça lui sied, ce baiser au cou

elle a très faim mais elle sait vivre
alors elle ne lui dit plus rien


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