(exercice de style ampoulé
aux pieds d'avoir vers vous marché
longtemps longtemps...)
je ne la connais pas plus que vous cher ami le chemin
qui va de Paris à Cythère
je suis remontée des enfers j'avais semé des cailloux
pourquoi lâches-tu ma main toi qui m'aimas bien
mes pas fidèles aux plombs des siens
m'ont entraîné au bord des larmes
j'ai plongé, fleuve souterrain où le cliquetis des armes
que brandissent les flibustiers qui peuplent ces égouts sauvages
semble le jumeau d'une source où boire rieuse cette jouvence
dont j'héritais à ses passages
flibustiers, chantez! et ils chantent
qu'il est cruel le chant des hommes
dans l'ombre dénaturée des caves
qu'elles vibrent violentes leurs voix
ces graves cordes qui m'enchantent
et leurs lyrics à la gomme
et leur griserie à la noix
le chant des flibustiers :
la poudre de nos fusils
pillons les étoiles
la poudre de nos fusils
fait pâlir la nuit!
plus d'un raccourci
amis faisons voile
plus d'un raccourci
mène au paradis
prenons-la hardis
à rebrousse-poils
prenons-la hardis
la voie des maudits
écumons les plis
que le vent dévoile
la mer alanguie
sortons-la du lit
ouvreurs de bris-d'huis
rincés au gasoil
ouvreurs de bris-d'huis
détroussons l'ennui
le gosier ravi
sus aux idéals
le gosier ravi
par nos eaux de vie
contre l'insomnie
entr'hommes et au poil
contre l'insomnie
chantons mes amis
sous l'eau sais-je encore respirer
la tiédeur du corps qui m'escorte
nagez moins vite plus près restez! et la froidure des fonds marins
engourdit ma chair alarmée
profonds se diluent mes baisers
pourquoi lâches-tu ma main toi qui m'aimas bien
c'est le corail dentelle de lames qui saigne à blanc mon rouge amour
les traînées roses ondoient autour
de moi sirène de piètre frime
ma bouche est close et sur la rive déjà
mon ami versatile
une autre femme vous cause en rimes
ce sont les adieux lapidaires
quand les nuits s'étalaient copieuses
mais vous ingénieusement
confiez à mes flancs offerts
une large entaille pense-bête
et le désir se love dedans
et le lacis d'extases joyeuses
répétées des années durant
et mes propositions malhonnêtes
sorcières ! marraines! démons des flots
hissez-moi les jambes coupées
ricaneurs 'fallait l'dire plus tôt
que tu ne savais pas nager!
mais sur les berges ciselées
mes amis!
l'oreille collée à la bouche du fleuve assassin
tiennent bon la barque amarrée Je suis là ! Et vive ! Vous vivants
Ils ont en musettes des gambettes
armées de bas et dans la gorge assez de voix
pour me crier Hourra! je ne demande plus rien
mes écailles je te les envoie
des étoiles de nuits à la tête
je marche sur les eaux muettes
et ne te demande plus rien
à toi qui as lâché ma main
toi qui pourtant m'aimas si bien
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