le courant de l'air frais qui roule le dehors emporte
mes bas verts de gris désenlacés de sorte
que les jambes nues du jour dansent à mon chevet
je reste sous les draps agrippée à la nuit
où de ses mains profondes hier il m'ajustait
je garde sur mon ventre un essaim de baisers
en rêve chapardés à sa bouche distraite
Dépouilles levez-vous j'ordonne aux oripeaux
les lents soupirs de l'aube embuent l'astre qui verse
et dessine sur la peau nue des stries où je paresse
prison du long désir aux volages barreaux
je ne bougerai plus j'attends qu'on me rhabille
de ces années perdues à feindre la patience
que la chair se disloque que mes os craquent raides
et que ma peau s'empâte et que mes crocs s'émoussent
et que la pourriture qui nous gît en naissant aille coloniser
en cercle ma devanture
je ne bougerai plus j'attends qu'il me rhabille
et ma robe de chiqué serpente sur le valet
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