dimanche 20 mars 2011

le carnage du printemps


Une chair tremble dans sa peau douce qui veut encore s'affoler
des effluves nouvelles
du Printemps

À un pâté de maison,
ce sont deux bouchers amoureux qui s'éveillent dans les bras l'un l'autre

La chair fut chair pour le boucher. C'est passé : il faut s'avarier.

Étrennant la nouvelle saison
la chair aveugle et tendre a tourné salaison.

À un pâté de maison,
les bouchers embrassés l'étripent et la vident
dégorgeant leurs baisers sous le legs mesuré du jour
radoté

La chair qui s'acharne à tutoyer les gens à renommer les choses
tremble et n'ose
s'asseoir nue à une terrasse du quartier
de peur de les y rencontrer

Sur le billot du jour usé elle s'habille de sa rose
peau de chagrin
qui s'amenuise jusqu'à la nuit grise
et carnée






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