Juste: je laisse aux combinaisons de mots leur masque et aux mots leurs abysses. Faconde, babil, charlatanisme ! Voilà qui me convient. Le tout enroulé à l'os.
Mais depuis quelques temps, l'usage du clavier de l'ordinateur a bien failli me faire devenir écrivain ! quelle horreur! tue la voix qui vitupère veloute ou insulte ? finie la rage de la main qui use du stylo comme d'un stylet, ou caresse la page, ou griffonne en piqué - un épervier, sa proie? Le souffle a manqué de s'éteindre dans le cliquetis bavard de la machine qui rend visiblement n'importe quelle phrase digne d'un auteur. Au bavardage préférer la volubilité.
Heureusement, fort heureusement pour la littérature française, je déborde, je me remets à parler, j'ai retrouvé mes cris, je sais commencer sans finir. J'échappe au statut, à la mauvaise habitude, à la posture crédible, et je reprends mes armes. Je ne communique plus. Je saigne. Je coupe court à cette tentation facile de mettre en forme avant que de surgir. Et mon plaisir est de nouveau insouciant, superbe et dérisoire. J'ai retrouvé les crocs du verbe qui me gît. Comment ? Pourquoi ? Je ne sais pas. L'abandon, le désespoir, la rage et l'amour sans doute. Si parler est le propre de l'homme, je vais salir tout ça sans queue ni tête et dangereusement,-j'y compte bien. En lombric. En clandestine. Gueuler à nouveau susurrer pour de bon m'égosiller pour des prunes. Je retrouve avec joie la chair de la plume et le son criard du silence qui me pétrit.
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