vendredi 5 février 2010

maintenant ça va bien



ça va de creuser fouiller retourner la terre de sa langue ça va

d'épuiser ses réalités de cueillir frais trente à la quinzaine ses chagrins de tanner son propre cuir ça va de délivrer ses contemporains vrilles ouvertes coeur baillant de prétendre de quel droit

je vous invite à l'Euphorie portez-vous bien je m’évanouis

ça va

ça va les griffes du soir les aubes écrasées de terreur et en ultime recours la détresse des enfants massés derrière le rideau de mon lit ça va

ça va la besogne opiniâtre le caractère trempé l'air de toujours porter un berceau dans son ventre d'être et puis plus qu'un autre capable de saigner

mais regardez vos mains, elles sont en sang

non c'est celui de mes victimes ça va

la réserve de caresses qu'on enserre au cachot le frottement des corps où l’on astique les âmes et en troisième couche un esprit décharné ça va

la peur des moutons dans le sommeil inquiet et les rêves profonds où s'abîment les heures le deuil de l'avenir ça va l'Amazonie les pôles qui coulent le long du nez et tu renifles les glaciers

ça va les couleuvres exotiques et tu reviens de loin et l’enthousiasme indemne au clapet asservi et les courses dans le vent et le vent misant rafle ça va

les amours magnanimes l'inutile sacré la vaillance du cri et la stupeur des veilles les petits plats multipliés dans les grands pour les tout-bords de fête les bras le corps et les tue-tête mais l'abnégation des saintes ça va

ça va reléguer son ardeur aux calendes et marcher sur la tête et l'endroit du décor

ça va ma part du songe calé dans le monde en partage chacun la sienne Ainsi vont peaux et opinions

les aspirants-ceci les revers de désir les aspirants-cela mentir comme on respire ça va


le vernis sur le hasard et la patine de la bêtise ça va

ça va les chemins de traverses où se terrer miteux pour ne plus s'abreuver aux mares des bergers ça va le camouflage se gaver de vidanges se vider par le haut s’écoeurer par le cœur recevoir du courrier où l’on te dit Monsieur les fossés de noyades et les permissions ça va

ça va attends vois venir la patience du condamné ça va

la biche trouée de flèches et la moustache d’Adolphe si fraîchement rasée et dessous le visage d’un ange médusé assis sur un tonneau d’où ruissellent les hymnes tout ça sur un T. shirt porté par une Rock Star issue de sciences Po plus que ventre de mère ça va

Et puis ça va de montrer de l’index d’écarter de la paume et les civils principalement des femmes des enfants par erreur et le communiqué et la publication de faire-part de justes réprobations les bans des réprouvés les noces reportées ça va

ça va la liberté dans un bocal et le poisson dans le miroir

la mise en scène du carnage ça va le progrès l'histoire les forces en avant la nostalgie des capitaines ça va!

ça va les pics les récifs les fils embarbés barbelés les pardons désolés l'abondance des crocs dans des gueules apprêtées la pureté du reste

maintenant la confidence repose les mains sur ses genoux

maintenant elle incline la tête

un peu, de côté

maintenant elle me gazouille un poème coué.


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