& conséquemment
l'un mâle l'autre femelle comme vont par deux
les animaux
deux demis pour faire un
se lancèrent une nuit l'un à l'autre
et réciproquement défi:
"Tentons l'impossible!"
Entre deux bains d'oublis Ils s'évanouissaient
chacun débarrassé du monde consenti
Même au creux du vertige leurs bouches cherchaient leurs bouches
et les soupirs de l'un étouffaient ceux de l'autre
désinvoltes, joueurs, aveugles, réjouis,
et leurs mains s'agrippaient, pressentant l'apocope.
Dans leurs yeux agrandis rôdaient de clairs matins
et rien ne menaçait leur crânerie secrète.
Tentèrent l'impossible & y parvinrent. Un temps.
Lecteur prends haleine.
Profite. Chante avec moi :
"Give me
a kiss to build
a dream on..."
L'histoire est longue, faisons pause avec eux
et vivons l'impossible, égarons nous un peu...
Mais
- Et ici, Lecteur, cesse, cesse de fredonner. Lecteur, tu me distraies, j'ai
besoin comme une autre dont c'est le gagne-pain
d'une oreille attentive,
pour dissiper ma peine, pour étaler au jour de ta sagacité mes histoires véritables,
en manière de crachoir -
Merci
Mais, donc,
l'un ou l'une
-on ne sait plus qui exactement tant les histoires de dieux se perdent dans les fonds
des âges, même demis-
n'y tint plus. L'ordinaire avait gangrené
l'un des deux - Pire!
s'était embouché un mortel
- ou une mortelle puisqu'on ne sait plus laquelle
moitié de dieu faillit à l'affaire des deux.
Leurs frasques clairsemées prirent saveur de betterave
Les miracles s'en allèrent lonlère
Leurs mystères devisaient tout nus pleine lumière
Leurs chairs rapetissaient Des mouchoirs de poches
étroits pour leurs baisers trop vastes embouchures
Le souvenir décrut des copieuses nuitées.
Laisse-moi prendre souffle et m'essuyer les yeux.
Merci
Les bouches s'asséchèrent L'ordinaire s'insinua
De la corne apparut sous leur plante de pieds
Ils achetèrent chacun dans les supermarchés
des liqueurs pour panser leurs soirées canulantes
et des parfums pour feindre d'embaumer le Cédrat
Mais la Terre se dérobe sitôt qu'on désenchante
un tantinet son orbe et qu'en chaque lopin
on plante un épineux enchevêtré de foin
Des deux qui désavoua les prairies printanières?
Qui devint du troupeau? Qui battit en retraite?
Qui refusa la sueur perlée du doux été?
Qui des quatre saisons conçut mille manières de fuir l'opulence et d'embrasser Disette ?
On ne sait plus du tout mais on m'a rapporté
qu'un des deux demi-
dieu qui nous importe ici
saigna. On le raconte.
Qu'un des deux
- ou bien l'une - défit de ses chevilles
ces ailes que la passion y avait arrimé
et à l'ombre fatale d'une banale fille
-d'un médiocre garçon-
alla rogner son coeur immolant sa moitié
Ultime fulgurance : l'autre, torpide oeuvre d'exils,
extorqua à l'alter d'ultimes Noces Joyeuses
- la mortelle glorieuse jamais n'en sut, que chi/ ou le vulgaire vainqueur,
qu'importe, c'est aux demis
que vont mon coeur mon chant
et ma précision -
et remonta aux ciels d'où jamais n'descendit
plus.
Comme aux mamelles féroces se hissa Cupidon.
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