Je me déchausse d’abord puis débauche un miracle
C’est le Passage du Désir à l’aube et ses habitants de dentelle
C’est le boulevard C’est la gueule du loup C’est sur le bitume coulé
Où j’ai laissé mes bas, cachés, les talons des passants pressés.
Je les reprendrais au retour Pourvu que personne n’ait fait avec
une laisse pour son chien ou son fils ou un anti-vol pour sa bicyclette.
Mes jambes nues vont dans Paris je ne les suis pas je suis
dans mon lit au deuxième étage avec un joli qui partage
Ma solitude et femme-tronc je glisse dans la nuit otage
D’un amour qui me coupe les pattes.

