dimanche 27 décembre 2009

les horreurs sont toujours d'un autre âge / 1999












La femme s'éveillait.
Les yeux sont enfoncés profonds et les tempes tirent vers le crâne. Si elle allonge la main, c'est plus qu'un éclair tranchant, d'avantage qu'une lame de boucher. Ses hanches saillent. Elle n'a qu'elle à posséder. À qui donc est cette chambre ?
Les rideaux sont épais et immobiles : ça doit peser, et la fenêtre est restée close. Le corps ne pèse pas. Si on entre, on croira à une tête sans corps : rien sous les couvertures, on croira.

D'un revers de bassin, elle se tourne à moitié et gémit. Si on s'étire, tout va claquer. Elle se recroqueville pour se lever ensuite, vite. Il faut bien se lever.

La voici assise au bord du lit : elle est toute vêtue.
Elle le sait même s'ils ont enlevé les miroirs.

Aucun commentaire: