samedi 29 novembre 2008

Passant, passe, saute ou vole!

On n’échappe pas à son support.

J’ai préféré croire que cela faisait partie intégrante de l’oeuvre. Et puis, j’ai compris que non. Et pas même une blague? Alors j’ai ri, déployée, ai pris mon téléphone qui me sert d’appareil photo et j’ai capté.

Captivant. L’oeuvre, c’était un salon: sols et mobilier, pensé par une designer, dans cette salle d'exposition du Hangar à Bananes, sur l'île de Nantes. Jusque là, rien de particulier, si ce n'est cette chose inscrite au sol et pour laquelle l'enfant se fit rappeler à l'ordre ...

De là, des conséquences multiples et cocasses :
Qui ne sait pas lire entre au salon, passe l’interdit, et au choix, se fait rappeler à l’ordre du verbe, en défense de la matière, par les jeunes échappés des écoles d’art ou de communication qui font office de gardiens, ou bien échappe à l’oeil prohibitif et piétine l’art allègrement et en toute ignorance.
Peut même, sans savoir déchiffrer, s’inquiéter de ce qu’on ait grafitter un salon…

De là : le hangar à banane est un garde-meuble.
De là : si on protège, c’est parce que ça ne doit pas servir, ni s’user.
De là : enfant, je pouvais entrer dans des oeuvres à Beaubourg. Ma fille, - une génération- ne peut
plus ; elles sont enrubaumées de rouge. « prière de ne pas toucher l’oeuvre ». La voie de disparition ne concerne pas seulement la nature.
De là : pourquoi encore les exposer si on désire les conserver ? Pour signifier : "quel humour, hein, ce faiseur de ready-made, hein ? Qu’il est vivant, ce mort !"

Mais de là, le mort regarde et se dit sans doute (parce qu'il ne jure qu'en anglais) : « oh my god, ils n’ont toujours pas compris… »

Artiste, choisis bien ton support !
Pour ma part, je préfère les hommes.

Hommage à l’art vivant des morts
Sept 2008

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