On n’échappe pas à son support.
Captivant. L’oeuvre, c’était un salon: sols et mobilier, pensé par une designer, dans cette salle d'exposition du Hangar à Bananes, sur l'île de Nantes. Jusque là, rien de particulier, si ce n'est cette chose inscrite au sol et pour laquelle l'enfant se fit rappeler à l'ordre ...
De là, des conséquences multiples et cocasses :
Qui ne sait pas lire entre au salon, passe l’interdit, et au choix, se fait rappeler à l’ordre du verbe, en défense de la matière, par les jeunes échappés des écoles d’art ou de communication qui font office de gardiens, ou bien échappe à l’oeil prohibitif et piétine l’art allègrement et en toute ignorance.
Peut même, sans savoir déchiffrer, s’inquiéter de ce qu’on ait grafitter un salon…
De là : le hangar à banane est un garde-meuble.
De là : si on protège, c’est parce que ça ne doit pas servir, ni s’user.
De là : enfant, je pouvais entrer dans des oeuvres à Beaubourg. Ma fille, - une génération- ne peut
plus ; elles sont enrubaumées de rouge. « prière de ne pas toucher l’oeuvre ». La voie de disparition ne concerne pas seulement la nature.
De là : pourquoi encore les exposer si on désire les conserver ? Pour signifier : "quel humour, hein, ce faiseur de ready-made, hein ? Qu’il est vivant, ce mort !"
Mais de là, le mort regarde et se dit sans doute (parce qu'il ne jure qu'en anglais) : « oh my god, ils n’ont toujours pas compris… »
Artiste, choisis bien ton support !
Pour ma part, je préfère les hommes.
Hommage à l’art vivant des morts
Sept 2008
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