samedi 26 mai 2012

l'oeuvre de chair de X-Bontemps, - extrait







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Alors elle détourna doucement son regard, et se dressant de tout son long qui était épiquement court, elle rompit enfin le silence : "- ah, moi, savez-vous, la vie, je la veux représenter telle qu'elle est : brouillonne, grouillante, confuse, copieuse, suffocante, mortelle, crue. Je veux le coeur couché sur l'étau, les mains assises sur le ventre, le souffle obscène, la chair au quintal. Je veux le pistachier, l'abricotier, le grenadier, le cornouiller aux gerbes rouges, le saule penché plus que caresses, l'églantier qui m'offrit au jour. Les fleurs, toutes les fleurs je veux: brassées, bouquet, vertes gerbes, festons radieux, guirlandes, couronnes et javelles ; herbes coupées, fougères, sous-bois, clairières en rosée, ronces, ivraie, médecines dans le brouillard d'aube. Et toutes bêtes je veux, et je le veux, lui, bête parmi les bêtes, se moquant éperdument de moi, champion des saillies radieuses, m'as-tu-vu des orgues roses, infidèle forgeur de soupirs et qui ne laissera sur la terre qu'un désir prodigieux et le regret d'un froissis de drap. "
Puis, ayant ainsi affiché son goût pour les longues soifs, hors d'haleine, mais ivre de songes, elle clôt sa bouche et se recoucha. Plus loin on pouvait entendre l'hymne d'une société folle entonnée à lestes gosiers. 

La nuit défilait sans pareille.

Personne n'y trouva à redire.





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